Avions de reconnaissance photographique ou d’écoutes électroniques avec ou sans pilote, satellites d’observation optique ou radar ou d’interception de communications: les militaires disposent, en temps de paix comme en temps de guerre, de deux gammes de moyens complémentaires dans la recherche du renseignement stratégique ou tactique.
Les avions américains U-2, qui effectuent à très haute altitude (plus de 20 kilomètres) des missions de reconnaissance pour le compte de l’ONU, constituent l’une des armes de l’arsenal des Etats-Unis pour connaître, au quotidien, l’état des forces irakiennes. Les photographies des sites irakiens ainsi prises complètent et affinent les observations des satellites-espions américains.
Depuis la fin de la guerre froide, les Etats-Unis dominent le secteur du renseignement spatial: optique à haute résolution (elle peut lire la plaque d’immatriculation d’une voiture), détection d’explosions nucléaires, alerte avancée pour le départ de missiles balistiques, écoutes et interception des communications téléphoniques et des données électroniques.
Tout cela grâce à des dizaines de satellites, dont la durée de vie est de plus en plus longue et les capacités de plus en plus performantes, du domaine du visible jusqu’à l’infrarouge (tous temps) et au radar. Ces satellites évoluent généralement à des altitudes de plusieurs centaines de kilomètres sur des orbites polaires qui leur permettent de voir l’ensemble du globe.
En temps de paix, les données recueillies par les satellites-espions permettent de gérer et de prévenir la gestion des crises d’une part, et d’assurer la surveillance du respect des traités internationaux de limitation des armements d’autre part.
«Yeux» et «oreilles»
En période de conflit, les satellites suivent le développement d’une situation militaire (tactique) et aident à la décision des responsables politiques. Ainsi, pendant la guerre du Golfe, les Alliés ont eu les «yeux» et les «oreilles» en permanence dirigés vers le dispositif des unités irakiennes et les objectifs à détruire grâce aux satellites.
Si le renseignement spatial possède des avantages indéniables (invulnérabilité globale et pas de mise en danger d’hommes), il ne permet pas de tout voir. En effet, les satellites-espions ne voient que de façon intermittente la région à observer, même si l’on peut diriger leurs télescopes vers d’autres points un peu éloignés de leur «trace au sol» (zone d’observation normale).
Il faut donc d’autres moyens comme les avions U-2, mis en œuvre à la fin des années cinquante pour espionner les sites industriels et militaires soviétiques. L’avion de reconnaissance, comme les Mirage F1 CR français qui participent à la surveillance des zones d’interdiction aérienne au-dessus de l’Irak avec les avions américains et britanniques, constitue un autre mode de renseignement.
Enfin les drones, avions sans pilotes, d’une autonomie de vol d’une ou deux heures, peuvent photographier à basse altitude, comme en Bosnie, des sites ou des emplacements d’armes, sans mettre un pilote en danger.
Aujourd’hui, les états-majors disposent même d’un système électronique qui permet de marier sur des écrans de visualisation toutes les données obtenues (satellites, drones, avions) et d’y ajouter celles d’observateurs parachutés sur le terrain. Une manière d’avoir une vision synoptique globale et stéréoscopique dont l’angle de vue est modifiable. (AFP)


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