La libéralisation des activités des banques, compagnies d’assurances et maisons de titres partout dans le monde était l’objet des négociations internationales qui se sont achevées par un succès dans la nuit de vendredi à samedi à Genève sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
L’accord doit libéraliser à partir de début 1999 les activités internationales de ces diverses sociétés financières dans 95% d’un marché mondial estimé à 30.000 milliards de dollars.
Dans de nombreux pays, des barrières empêchent encore les banques, assurances et maisons de courtages étrangères d’offrir leurs services aux particuliers et entreprises locaux.
La libéralisation obtenue est considérée comme cruciale, compte tenu de l’importance du secteur financier pour l’ensemble de l’économie.
Il n’y a pratiquement pas d’activité économique qui ne dépende de services fournis par le secteur financier, comme un crédit, du capital, des opérations de changes ou un contrat d’assurances.
«Le secteur de services financiers est la colonne vertébrale de l’économie moderne», constate l’OMC.
On estime que, chaque jour, près de 1.200 milliards de dollars sont ainsi échangés dans le monde sur les seuls marchés des devises.
Selon les derniers chiffres publiés par la BRI (Banque des Règlements internationaux), le volume des prêts internationaux accordés par les banques dans l’ensemble du monde approche actuellement les 5.175 milliards de dollars.
Capitaux et compétences
Les Etats-Unis et l’Union européenne possèdent les secteurs financiers les plus développés du monde mais aussi les plus ouverts. Les sociétés étrangères peuvent déjà s’y installer assez librement pour offrir leurs services, soit en fondant des filiales, soit en rachetant des sociétés existantes.
Dans de nombreux pays dits émergents d’Asie et d’Amérique latine en revanche, le secteur financier est encore peu développé et souvent très fermé.
L’ouverture de ces marchés aux banques et compagnies d’assurances étrangères signifie l’arrivée de capitaux et de compétences, deux denrées dont ces pays émergents ont besoin pour leur développement économique.
Pour les banques et compagnies d’assurances occidentales, qui doivent affronter une forte concurrence sur leur propre marché, les pays émergents représentent de formidables opportunités de croissance.
Alors que dans un pays comme le Japon, le volume total des primes d’assurances atteint la somme gigantesque de 637 milliards de dollars, il ne représente actuellement que 6 milliards de dollars en Inde, 2,4 milliards en Indonésie et seulement 950 millions de dollars dans un pays comme la Hongrie, selon des données pour 1995 regroupées par le Conseil international de l’assurance (IIC).


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