Frank Williams, son directeur technique Patrick Head, son ingénieur Adrian Newey, et les responsables du circuit sauront alors s’ils sont tenus pour légalement responsables de la mort du triple champion du monde de F1.
Le procès sur les circonstances exactes de l’accident qui a coûté la vie à Senna, lors du Grand Prix de Saint-Marin, a commencé le 20 février dernier à Imola.
Mardi, le juge Antonio Costanzo rendra son verdict pour les six inculpés, les trois Britanniques, deux responsables italiens du circuit, Federico Bendinelli et Giorgio Poggi, et un délégué belge de la Fédération internationale automobile (FIA), Roland Bruynserade.
Ces six personnes sont inculpées «d’homicide involontaire», une «première» dans l’histoire du sport automobile, par le procureur de Bologne (nord) Maurizzio Passarini. Cependant, après 10 mois d’audiences, il a demandé l’acquittement de Williams et des responsables du circuit.
Il requiert seulement une peine d’un an de prison avec sursis contre les deux techniciens britanniques dont l’intervention sur le bolide est, selon lui, responsable de l’accident mortel de Senna.
Le triple champion du monde de F1 (1988, 1990 et 1991), vainqueur de 41 Grands Prix en 161 participations, a trouvé la mort lorsque sa monoplace s’est écrasée à 300 km/h contre le muret qui borde la courbe de Tamburello, lors du 7e tour du Grand Prix de Saint-Marin.
Selon le procureur Passarini, les responsables techniques de l’écurie Williams ont affaibli la colonne de direction en la réduisant, pour répondre à une demande d’Ayrton Senna.
Senna qui n’a pas fait d’erreur de pilotage, selon l’enquête, s’est retrouvé dans l’impossibilité de diriger sa voiture pour empêcher l’impact et a été incapable de freiner correctement à cause des imperfections de la piste.
Pour les six prévenus, la colonne de direction s’est brisée après l’impact et le circuit était conforme à la réglementation internationale.
Williams, Head et Newey ont comparu une seule fois devant le tribunal, à la fin du mois d’octobre. Head et Newey ont refusé de témoigner usant de leur droit de ne pas répondre tandis que Frank Williams a dit qu’il ne se souvenait plus quand et qui avait modifié la colonne de direction de la monoplace de Senna.
A la question de savoir si la vérité sur la mort de Senna serait établie un jour, Frank Williams a répondu: «J’en doute. Trois ans et demi se sont écoulés et personne n’est arrivé à une conclusion définitive».
Il a estimé, hors du tribunal, que l’accident a peut-être été dû à une pression trop basse des pneus ou à une configuration trop basse de la voiture par rapport à la piste.
Les avocats de Head et Newey, qui a depuis les faits quitté Williams pour McLaren, sont cependant optimistes sur les conclusions du procès pour leurs clients, pour lesquels un verdict de culpabilité serait inacceptable du point de vue de leur image professionnelle.
Le juge Costanzo est libre de suivre ou d’ignorer les requêtes de l’accusation. Si les accusés sont reconnus coupables, ils auront en tout cas le droit de faire de nombreux recours avant qu’une sentence définitive ne soit prononcée. (AFP)
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