L’inquiétude grandit parmi les investisseurs aux Etats-Unis sur la situation financière en Corée du Sud une semaine après l’annonce d’un plan de sauvetage record par le FMI et alors que les mauvaises nouvelles économiques continuent de pleuvoir.
Le risque d’un défaut de paiement de la dette coréenne est désormais dans tous les esprits et le won ne cesse de toucher de nouveaux planchers. Jeudi, Wall Street a chuté de 130 points (—1,63%) après la nouvelle dégringolade des Bourses asiatiques.
Les doutes sur la suffisance du soutien financier international mis au point par le FMI pour près de 60 milliards de dollars se font de plus en plus grands, comme l’a souligné jeudi l’agence de notation financière américaine Standard and Poor’s.
Il semble qu’on doive s’acheminer vers une accélération du processus tant au niveau du versement de l’argent que de l’application des réformes économiques (fermeture et fusion de banques, ouverture du marché…)
Mais le FMI reste pour l’instant silencieux face aux pressions des autorités coréennes pour que l’essentiel des 21 milliards de dollars promis de la part de l’institution soient versés plus tôt que prévu.
Le Conseil d’administration du Fonds se réunit toutefois lundi pour décider d’un mécanisme d’urgence qui permettrait d’aller plus vite, alors que la Corée n’a encaissé pour l’instant qu’une première tranche de 5,6 milliards de dollars.
Le Trésor
américain réticent
De son côté, le Trésor américain résiste pour l’instant à envisager l’octroi de crédits-relais à la Corée, alors que les Etats-Unis (pour 5 milliards USD) et le Japon (pour 10 milliards) ont promis des aides mais seulement en «seconde ligne de défense».
«La demande ne m’en a pas été faite», a affirmé jeudi Robert Rubin, secrétaire américain au Trésor, alors que Séoul l’évoque ouvertement. «La clé (du retour à la stabilité) est dans l’application du programme fort du FMI», a martelé M. Rubin.
Les milieux financiers veulent encore croire à l’efficacité du plan de l’institution monétaire internationale. «Les chances sont que le plan du FMI marche, que le gouvernement mette en place les mesures et que les choses se stabilisent», souhaite Cliff Griep, responsable économique chez Standard and Poor’s (S and P).
Mais, tout comme Moody’s, S and P a créé le choc jeudi en abaissant fortement sa note sur la dette sud-coréenne, reléguant les bons de ce pays à un Etat proche «d’obligations de pacotille» (junk bond).
Standard and Poor’s a révélé les termes d’un rapport du FMI qui fait état d’une dette extérieure de 100 milliards de dollars arrivant à échéance dans les douze mois à venir, bien plus qu’estimée jusque-là. Selon Cliff Griep, ce qui doit être remboursé à très court terme pourrait représenter plus de la moitié de cette somme.
En outre, pour S and P, la Corée va sombrer dans la récession en 1998, avec un PIB en baisse de 2%, alors que le FMI prévoyait il y a huit jours encore un ralentissement de la croissance à 2,5%.
Cette avalanche de mauvais chiffres sème d’autant plus la confusion que les investisseurs ne savent plus que croire. «Le problème est que les investisseurs commencent à se poser des questions sur l’intégrité des informations qui sont publiées», affirme Patrick Ledford, un gestionnaire de portefeuilles à Citibank Global Asset Management. (AFP)


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