Gerry Adams est sorti rempli d’optimisme jeudi d’une entrevue d’une heure, qu’il a qualifiée d’«historique», avec Tony Blair au 10 Downing Street.
«Ce fut une bonne rencontre, car je crois que nous nous sommes donnés à fond. Je pense que nous avons regardé les difficultés en face. Sous de nombreux angles on peut présenter cette implication commune comme un moment d’histoire», a confié aux journalistes le leader du Sinn Fein.
«Il ne faut pas sous-estimer les difficultés mais, néanmoins, ce fut un moment important pour l’histoire car les moments qui marquent l’histoire des relations anglo-irlandaises sont habituellement mauvais. Aujourd’hui, ce fut un moment vraiment bon», a-t-il ajouté.
«Nous avons, bien sûr, eu l’occasion d’exprimer notre opinion selon laquelle tous ces maux, peines et divisions qui ont découlé de l’implication britannique dans les affaires irlandaises doivent cesser», a dit le leader nationaliste nord-irlandais à la presse.
Ce rendez-vous sans précédent entre un dirigeant républicain et un chef du gouvernement britannique depuis la partition de l’Irlande en 1921 résulte de la trêve que le Sinn Fein a obtenue il y a cinq mois de l’Ira, dont il est considéré comme l’aile politique.
Le cessez-le-feu «indéfini et sans équivoque» de l’Armée républicaine irlandaise a permis au Sinn Fein d’être associé aux pourparlers sur l’avenir de l’Irlande du nord qui se sont engagés en septembre à Belfast.
Le Parti unioniste d’Ulster de David Trimble représente le camp loyaliste à ces négociations dont les parrains, Londres et Dublin, espèrent qu’elles aboutiront à un règlement de paix avant mai 1998. Mais, jusqu’à présent, les loyalistes éludent systématiquement tout face-à-face avec les républicains.
Martin McGuinness, qui accompagnait Adams au 10 Downing Street et qui dirige la délégation du Sinn Fein aux négociations de Belfast, a exprimé l’espoir qu’une rencontre entre Adams et Trimble puisse maintenant avoir lieu. «Ce serait un pas en avant gigantesque dans le processus de paix», a-t-il estimé.
«Nous nous efforçons d’ouvrir une nouvelle page (...). Nous sommes conscients qu’un grand nombre de gens comptent sur nous pour que nous assumions notre rôle dans la construction de nouveaux liens entre la Grande-Bretagne et l’Irlande», avait déclaré Adams en arrivant à Downing Street.


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