Les conséquences du passage du Franc français à l’Euro sur l’avenir du franc CFA ont constitué le thème des journées de la Fédération des associations professionnelles des établissements de crédit de l’Afrique centrale qui se sont tenues en début de semaine à Libreville.
Lors de cette réunion, les participants — représentants de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), du Trésor français, d’experts et d’universitaires — ont tenté de faire le point des inquiétudes nées de l’assimilation, en 2002, du Franc dans l’Euro et des répercussions sur la zone Franc.
Ouvertes par le ministre gabonais des Finances, de l’Economie et du Budget Marcel Doupamby Matoka, ces journées ont permis au chef du bureau Afrique à la direction du Trésor français, Christophe Marchand, d’expliquer aux responsables bancaires de la zone les «avantages» du passage à l’Euro et d’écarter l’hypothèse d’une nouvelle dévaluation du FCFA.
«On lit parfois qu’en Afrique certains craignent que l’avènement de l’Euro ne serve de prétexte à une nouvelle dévaluation du FCFA. Sur ce sujet, il faut regarder les réalités économiques qui indiquent très clairement que l’avènement de l’Euro va apporter un «plus» économique à la zone CFA et que la parité actuelle du FCFA en FF et donc demain en Euro est la bonne», a affirmé M. Marchand.
«Sur le plan économique, l’avènement de l’Euro sera un atout supplémentaire pour les pays qui choisissent de lier leur monnaie à celle-ci et confortera l’embellie économique de la zone Franc depuis la dévaluation du FCFA», a-t-il poursuivi citant notamment «les indicateurs de compétitivité extrêmement favorables» et la «forte amélioration de la balance des paiements de la zone CFA».
De son coté, un des intervenants, M. Ondo Ossa, professeur agrégé en sciences économiques à la faculté de Libreville, a estimé que le maintien du FCFA et son rattachement à l’Euro apparaissait comme «le scénario le plus probable». «Cependant, a-t-il ajouté, il nous semble pas le plus viable, ne serait-ce qu’à cause de ses nombreuses contraintes et insuffisances».
Selon cet universitaire, «la transition douce de la zone Franc vers la zone Euro, ne réglera pas le problème de fond, celui du développement de l’Afrique» et de citer «un autre scénario qui consisterait en la disparition de la zone Franc au profit d’une zone Rand, dirigée par l’Afrique du Sud et/ou d’une zone Naïra dirigée par le Nigéria».
«Ce scénario, le plus difficile à réaliser, mais en tout cas le plus viable (...) suppose une meilleure prise de responsabilité des Africains qui les prépare mieux aux grandes mutations», a-t-il conclu.


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