PSA Peugeot Citroën et Renault n’ont pas besoin de fusionner pour que l’industrie automobile française soit en mesure d’affronter les nombreux défis auxquels elle est exposée, estime la mission d’information de l’Assemblée nationale dans un rapport rendu public jeudi.
Selon elle, une telle fusion est l’«archétype de la fausse bonne idée».
Outre plusieurs propositions d’ordre fiscal et économique, le rapport suggère l’ouverture rapide de négociations larges, prenant en compte «les enjeux économiques, les préoccupations sociales et les perspectives d’emploi». Il s’agirait de déboucher sur une nouvelle organisation où «les équipements travailleraient plus, tandis que les salariés travailleraient moins».
Cette suggestion est en ligne avec le projet gouvernemental de proposer son soutien aux constructeurs français s’engageant dans un programme de rajeunissement de leurs effectifs, sur une base négociée avec leurs organisations représentatives, incluant un aménagement de temps de travail, comme l’a déclaré mardi le ministre de l’Industrie, Christian Pierret.
Tout en reconnaissant les grandes difficultés rencontrées par la filière, la mission rejette d’emblée le scénario suggéré par les deux constructeurs en 1996 de financer des départs massifs (40.000 personnes) en échange de l’embauche — jugée incertaine — de 14.000 jeunes. Cette solution, finalement écartée par le gouvernement Juppé, aurait coûté quelque 40 milliards de francs à la collectivité.
«Produire des voitures de plus en plus sophistiquées et de moins en moins chères peut résulter d’une autre organisation, où les équipements travaillent plus, tandis que plus de salariés travaillent moins sur une semaine, une année ou une vie, en résultat d’accords véritablement négociés, un objectif d’évolution des effectifs étant défini en conséquence», écrit Gérard Fuchs, le rapporteur de la mission dans une note de présentation à la presse.(Reuters)


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