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Actualités - Chronologie

La bosse du cinéma

Paul Feval aura été un fabuleux
scénariste. Avant de finir ses jours en odeur de sainteté. La preuve? Son «Bossu» aura eu droit à un nombre incalculable
d’adaptation, tant au cinéma qu’au théâtre.
La dernière mouture est signée Philippe de Broca. Avec Daniel Auteuil, Fabrice
Luchini, Vincent Pérez...\
«Le Bossu» apporte la preuve qu’il reste possible de faire un cinéma de divertissement sans sacrifier la qualité d’exécution.
Il témoigne aussi d’une vogue du film de costumes, après «La fille de d’Artagnan» et «Ridicule» et avant «Le masque de fer», une production américaine.
Avant de finir ses jours en odeur de sainteté, Paul Féval fut un auteur prolifique. «Le Bossu», paru en 1857 sous forme de feuilleton, est un foisonnant roman de cape et d’épée dont l’action se situe sous la Régence.
Dès le début du siècle, le cinéma s’empare du bossu, alias chevalier de Lagardère. Avant Daniel Auteuil, Pierre Blanchar et surtout jean Marais auront lancé le fameux «Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi!».
L’adaptation du «Bossu» n’aura pas été une partie de plaisir: trois ans d’écriture; une vingtaine de moutures.
Rien de surprenant pour le réalisateur Philippe de Broca qui faisait remarquer, lors d’une interview, que «L’homme de Rio» avait pris un an à écrire, en mobilisant Ariane Mnouchkine, Jean-Paul Rappeneau et Daniel Boulanger».
Engagé dans un cinéma de pur divertissement, Philippe de Broca signe une adaptation très soignée, tant au point de vue de l’image que de l’interprétation, servie par Fabrice Luchini en infâme Gonzague, Vincent Pérez en virevoltant Nevers ou Marie Gillain en provocante Aurore.
«Avant de devenir metteur en scène, je rêvais des Nibelungen; j’étais fasciné par Orson Welles et par Wagner», se souvient de Broca, dont le premier film, «Les jeux de l’amour» remonte à 1959.

Bulle de champagne

«Je suis tombé dans l’époque d’une Nouvelle Vague un peu sinistre, un peu glauque. On m’a traité de «bulle de champagne», un qualificatif qui ne m’a jamais quitté», se souvient-il.
De Broca a soigneusement évité de s’inspirer des versions précédentes. «Je pense que ces films ne sont pas bons», explique-t-il, faisant référence en particulier au «Bossu» d’André Hunebelle (1959).
«En revanche, j’ai revu mon «Cartouche», pour me rendre compte qu’il y avait trop de choses démodées, en particulier la façon de montrer les combats, et qu’il fallait éviter de faire trop de gags».
D’où l’idée de camper des personnages dont la psychologie ne soit pas taillée à la serpe. Lagardère, avant d’être adoubé par Nevers, n’est qu’un spadassin débauché se vendant au plus offrant.
Nevers est un courtisan prétentieux, irritant et suffisant mais aussi un homme de cœur et de panache. Gonzague est une âme damnée mais souffrante et pleine d’esprit. Seule Aurore de Caylus apparaît tout d’une pièce mais ses rapports avec Lagardère sont une variation habile sur le thème de l’inceste.
De Broca, 64 ans, a eu les moyens de ses ambitions: quinze semaines de tournage et un budget de 143 millions de francs. «Je trouve qu’il y avait trop d’argent, avoue-t-il. Ça m’a donné beaucoup d’exigence. Avant, on était moins difficile mais on a été poussé au cul par les Etats-Unis et les moyens qu’ils mettent dans un film».
Loin de lui, l’idée de s’en plaindre d’ailleurs. «Je trouve cette évolution formidable. j’avais un projet de film de pirates avec Claude Sautet et Jean-Louis Dabadie, irréalisable alors. Maintenant, on doit pouvoir le faire grâce aux nouvelles techniques. Je pourrais par exemple reconstituer Saint-Malo en numérique».
Transformer une rue contemporaine en une rue du XVIIIe siècle, mettre en scène une foule dans des habits d’époque a quelque chose de «magique». «Je le voyais bien dans les gens qui passaient sur le tournage. Ils ouvraient des yeux grands comme des soucoupes de voir ainsi le passé recréé».
«Le Bossu» est aussi un film qui renoue avec la tradition du panache au cinéma. «Ce n’est pas un film à la gloire de la France mais d’origine complètement française et je m’aperçois que le panache, ça plaît», poursuit de Broca.
Et de fustiger «Cette auto-satisfaction à s’auto-fustiger, à parler d’un petit pays vieillissant, mort où il n’existe pas de mots qui ne soient pas considérés comme fascistes ou néo-fascistes pour qualifier l’amour de son pays, comme si on en avait honte».
De Broca n’apprécie guère que des cinéastes tels que Luc Besson et Jean-Jacques Annaud ne pratiquent plus que l’anglais. «J’ai trouvé assez révoltant qu’on tourne en anglais l’adaptation d’un livre de Marguerite Duras et dont l’action se déroule dans le contexte historique de l’Indochine», s’indigne de Broca, à propos du film «L’Amant» d’Annaud.
Cela dit, «Le Bossu» est «vendu pratiquement partout dans le monde, sauf au Japon et en Grande-Bretagne mais ça va se faire». Quant aux Etats-Unis, «où c’est toujours problématique», de Broca n’a pas voulu s’avancer. (Reuters)
Paul Feval aura été un fabuleux scénariste. Avant de finir ses jours en odeur de sainteté. La preuve? Son «Bossu» aura eu droit à un nombre incalculable d’adaptation, tant au cinéma qu’au théâtre. La dernière mouture est signée Philippe de Broca. Avec Daniel Auteuil, Fabrice Luchini, Vincent Pérez...\«Le Bossu» apporte la preuve qu’il reste possible de faire un cinéma de divertissement sans sacrifier la qualité d’exécution.Il témoigne aussi d’une vogue du film de costumes, après «La fille de d’Artagnan» et «Ridicule» et avant «Le masque de fer», une production américaine.Avant de finir ses jours en odeur de sainteté, Paul Féval fut un auteur prolifique. «Le Bossu», paru en 1857 sous forme de feuilleton, est un foisonnant roman de cape et d’épée dont l’action se situe sous la Régence.Dès...