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Actualités - Conferences Internationales

La longue marche des américains

Les Etats-Unis et le Japon ont fait le plus de concessions à Kyoto, ce qui a permis d’aboutir à un protocole d’une valeur significative pour la première application concrète de la convention de l’ONU sur les changements climatiques.
Arrivé à Kyoto avec un objectif zéro réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2012, les Etats-Unis repartent avec un engagement de limitation qui représente une marge considérable.
D’entrée de jeu, la délégation américaine, menée par le diplomate Stu Eizenstat, auquel le vice-président Al Gore a rendu hommage, avait mis plusieurs conditions à l’adoption du projet de protocole, dont trois essentiels:
- les pays en développement doivent prendre les mêmes engagements que les pays industrialisés (seuls liés par le mandat de Berlin sur la limitation des gaz),
- pas d’accord sans flexibilité, assortie de permis d’émissions de carbone,
- un objectif de réduction en léger progrès, autour de 2 à 3%.
Sur le premier point, ils sont revenus à la charge, jour après jour. Le président Bill Clinton a jugé cette participation indispensable et M. Gore en a rajouté, appuyé par les fantassins de la délégation, emmenés par Melinda Kimble.
A chaque fois, une contre-offensive répondait, en général menée par un des plus redoutables délégués chinois, Zhong Shukong. «Vous circulez à deux dans vos voitures et vous voudriez nous empêcher de rouler en autobus», a-t-il répliqué aux Américains, sous les applaudissements des pays en développement, les plus nombreux (au moins 120) mais les moins écoutés.
Pas découragée, Mme Kimble reprenait son discours, expliquant le danger que représentent pour demain les pays-clé comme la Chine numéro 2 sur la liste des grands pollueurs du monde.

Les permis de polluer

Les Américains ont fini par assouplir leur position, mais l’article contesté du protocole a finalement sauté en totalité et les pays en développement n’ont même pas à s’engager à un engagement volontaire.
La question des permis de polluer a été fort délicate. Les Etats-Unis souhaitaient un commerce du carbone sans contrainte et sans contrôle. Les permis ont été autorisés, mais ils devront attendre les dispositions de mise en œuvre et de contrôle pour être utilisés. Ces mécanismes vont en effet être rediscutés puis soumis à la 4e conférence sur le climat, en novembre 1998.
En fin de compte, les Américains ont affiché un objectif de réduction des gaz à effet de serre qualifié d’ambitieux même par les plus sceptiques des Européens: moins 7% à l’horizon 2008-2012.
Ces concessions n’ont pas été prises comme des reculades par les autres délégations, mais comme le signe d’une évolution d’un pays «conscient de ses responsabilités» de premier pollueur de la terre et de la volonté très nette de quitter Kyoto avec un bon accord.
Le Japon se trouvait dans la position délicate de l’hôte qui doit montrer l’exemple même s’il n’est pas le plus vertueux. Certains diplomates japonais se prenaient même à regretter que leur pays ait accueilli cette phase cruciale de la négociation. Alors, ils ont oublié leur fonction d’hôte et se sont mis à attaquer sans ménagement les objectifs européens, pour dissimuler la modestie de leur propre objectif. Ils ont finalement accepté un «moins 6%» qui ne ravit pas les industriels japonais.
L’UE a fait preuve d’une rare solidarité en tenant pendant 11 jours le même discours, avec la même constance, ce qui a contribué à une issue positive de la conférence. (AFP).
Les Etats-Unis et le Japon ont fait le plus de concessions à Kyoto, ce qui a permis d’aboutir à un protocole d’une valeur significative pour la première application concrète de la convention de l’ONU sur les changements climatiques.Arrivé à Kyoto avec un objectif zéro réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2012, les Etats-Unis repartent avec un engagement de limitation qui représente une marge considérable.D’entrée de jeu, la délégation américaine, menée par le diplomate Stu Eizenstat, auquel le vice-président Al Gore a rendu hommage, avait mis plusieurs conditions à l’adoption du projet de protocole, dont trois essentiels:- les pays en développement doivent prendre les mêmes engagements que les pays industrialisés (seuls liés par le mandat de Berlin sur la limitation des gaz),- pas d’accord...