L’accord conclu à Kyoto qui prévoit pour les grands pays industrialisés une réduction moyenne de 5,2% des émissions de gaz responsables du réchauffement de la planète d’ici 2008 à 2012 «permettra aux grands pollueurs de continuer à émettre des gaz à effet de serre du fait d’échappatoires», estime le Fonds mondial pour la nature (WWF) qui revendique quatre millions de membres.
«Le traité ne réussira pas à réduire comme il le faudrait la menace de changement climatique car les acteurs clés, en particulier les Etats-Unis et le Japon, ont refusé d’accepter des objectifs réalistes», ajoute le WWF dans un communiqué.
«Les gouvernements peuvent fuir le Sommet de Kyoto, mais ils ne pourront pas se cacher», a ajouté le président de la campagne du WWF sur les changements climatiques, Adam Markham.
En public, Greenpeace n’a pas été plus tendre. «L’accord met en danger le climat», affirme l’organisation qui compte quelque trois millions d’adhérents.
Pour Greenpeace, l’accord de Kyoto «est une tragédie et une farce car il rate complètement le coche en ce qui concerne l’impact sur l’environnement des changements climatiques», ajoute Greenpeace.
Au crédit du protocole, l’organisation relève cependant qu’un accord contraignant a été adopté «malgré les objections des compagnies pétrolières, un fait qui montre que l’ascendant de l’industrie sur les gouvernements est finalement en train de s’effilocher».
Une multitude de failles
Le chef de la section de Greenpeace chargée du domaine climatique, Bill Hare, a mis en garde les ministres qui ont conclu l’accord: «Ceux-ci devront revenir dans un avenir proche pour s’assurer qu’il marche». «Les gens qu’ils représentent le demanderont», a-t-il ajouté.
«Le fait que l’on n’ait pas réussi à remporter une réduction significative ici à Kyoto n’a fait que reporter la nécessité de s’écarter du charbon et du pétrole, mais à un coût très élevé», a-t-il dit.
L’organisation Les Amis de la terre, bien implantée en Amérique latine et dans certains pays européens, a jugé l’accord plombé par une multitude de failles qui risquent de conduire à l’effet inverse à celui recherché, en l’occurrence une hausse des émissions de gaz.
Du fait de ces failles, «des millions de gens à travers le monde demeureront exposés à la menace des troubles sociaux et économiques qui vont accompagner le réchauffement progressif de la planète», a affirmé Tony Juniper, l’un des responsables des Amis de la terre.
En privé, plusieurs responsables des ONG de défense de l’environnement ne cachaient pas cependant leur satisfaction relative à l’égard des objectifs retenus qui, par leur niveau, dépassent la plupart de leurs attentes.
Nombre de ces ONG s’attendaient à un compromis beaucoup plus modeste et étaient agréablement surpris par l’ampleur du chemin parcouru par les Etats-Unis qui, à l’origine, défendaient une option de réduction 0%.
Ces ONG étaient toutes hostiles à l’association des pays en développement à des objectifs contraignants que demandaient les Etats-Unis. Les ONG estimaient qu’il «appartient à ceux qui ont pollué le nid de le nettoyer». Sur ce point aussi, les ONG ont donc tout lieu d’être satisfaites. (AFP)


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