Des manœuvres navales et aériennes conjointes entre la Turquie, Israël et les Etats-Unis, dont le projet avait causé la colère des pays arabes et de l’Iran, se dérouleront du 5 au 9 janvier en Méditerranée orientale, a annoncé jeudi l’état-major de l’armée turque.
Cette annonce fait suite à une visite en Turquie, de lundi à mercredi, du ministre israélien de la Défense Yitzhak Mordechaï.
Elle intervient également au dernier jour du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI) à Téhéran, lors duquel a été adoptée notamment une résolution condamnant toute coopération militaire entre un Etat membre et Israël.
L’objectif de ces manœuvres est de «développer la formation conjointe de recherche et de sauvetage aéronaval des éléments des marines de trois pays», a indiqué l’armée turque dans un communiqué.
Elles ont été baptisées «Sirène confiante» («Reliant Mermaid») et auront lieu dans les eaux territoriales et l’espace aérien internationaux de la Méditerranée orientale, selon le document.
Organisés en vertu d’un accord-cadre militaire signé entre la Turquie et Israël en février 1996, ces exercices étaient prévus mais aucune date définitive n’avait été avancée.
L’intention manifestée en mai dernier par les deux pays de les organiser, en y invitant également les Etats-Unis, avait suscité la réaction de pays arabes, notamment de la Syrie, de l’Egypte et de l’Irak, ainsi que de l’Iran, qui s’estimaient visés.
La Turquie et Israël avaient alors affirmé que les manœuvres n’étaient dirigées contre aucun pays tiers quel qu’il soit.
Toutefois, les manœuvres avaient été reportées à deux reprises à des dates ultérieures.
Ces manœuvres «permettront aux éléments des marines des trois pays, qui opèrent régulièrement en Méditerranée, de connaître leurs capacités et d’œuvrer ensemble», selon l’armée turque. Les marines de ces pays «procéderont à des activités de formation en vue de répondre aux besoins humanitaires urgents», ajoute le communiqué turc.
Lundi, M. Mordechaï avait été le premier responsable israélien ou turc à qualifier de «stratégique» la coopération militaire entre la Turquie et son pays, réitérant toutefois que cette coopération «était ouverte aux pays tiers» et «ne visait aucun pays tiers».
«Nous sommes satisfaits du rythme de développement de nos relations et nous ferons tout notre possible pour les renforcer dans les domaines politique, militaire et industriel», avait-il ajouté, en rencontrant son homologue turc Ismet Sezgin. (AFP)


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