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Actualités - Chronologie

Le recensement des palestiniens tourne à l'épreuve de force avec Israël

L’autorité présidée par Yasser Arafat a choisi de croiser le fer avec Israël en lançant hier un recensement que le gouvernement Netanyahu a aussitôt essayé de contrer par des moyens légaux en faisant voter d’urgence par la Knesset une loi pour exclure Jérusalem-est de cette opération, présentée par les Palestiniens comme une nouvelle étape dans l’édification de leur nation.
Quelque 3.000 agents du recensement ont commencé à sillonner les territoires occupés, y compris, discrètement, Jérusalem-est, considérée par les Palestiniens comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.
Israël, opposé à tout ce qui peut apparaître comme une remise en cause de son contrôle sur une ville qu’il présente comme sa capitale, s’est aperçu au dernier moment qu’il n’avait pas les moyens légaux d’y empêcher le recensement.
Le premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté en urgence un projet de loi au Parlement, qui a voté quelques heures plus tard le texte en première lecture et devait procéder dans la nuit aux deux lectures complémentaires.
Le chef du gouvernement de droite a proclamé que cette législation était nécessaire pour préserver «la souveraineté israélienne sur Jérusalem».
La police israélienne a appréhendé un agent féminin du recensement qui faisait du porte-à-porte dans le quartier palestinien de Ram, dans le nord de Jérusalem-est, a indiqué la police.
Les agents du recensement, généralement des étudiants des universités formés pour l’occasion, doivent parcourir pendant quinze jours les localités des territoires, pour faire remplir de longs formulaires comprenant 78 questions.
Les données récoltées concernent non seulement le nombre de personnes par foyer, mais aussi l’emploi, le niveau d’éducation, les revenus et l’équipement des ménages.
Il s’agit du premier recensement mené en Cisjordanie depuis l’occupation du territoire par Israël en 1967. Dans la bande de Gaza, c’est même le premier depuis la guerre israélo-arabe de 1948.

Historique

«C’est un acte historique, parce que c’est la première fois que le peuple palestinien se compte lui-même», a souligné un responsable de l’opération.
«Il s’agit d’une étape nécessaire et préalable à la construction de notre nation», a déclaré ce responsable sous couvert de l’anonymat.
Des habitants exprimaient pourtant des inquiétudes plus terre à terre, craignant notamment que les données soient utilisées ultérieurement par l’administration fiscale.
L’opération a été organisée par l’Office central palestinien des statistiques, grâce à un financement des Nations Unies, de la Grande-Bretagne et de la Suisse. Les premiers résultats sont attendus le 4 janvier.
Des responsables palestiniens ont affirmé qu’ils avaient parfaitement le droit de conduire un recensement à Jérusalem-est, puisque les accords d’Oslo sur l’autonomie leur ont même donné le droit d’y organiser des élections.
Un agent du recensement a expliqué cependant que l’opération était menée très discrètement à Jérusalem-est, «afin de ne pas attiser le conflit avec les Israéliens».
Avant le vote de la loi par le Parlement israélien, le chef de la police israélienne, le commissaire Assaf Hefetz, avait admis que «la police n’a pas les moyens légaux d’empêcher ce recensement, parce qu’elle ne peut pas interdire aux gens de distribuer et de collecter des questionnaires».
Cependant, le ministre israélien de la Justice, M. Tzahi Hanegbi, a affirmé que grâce à la nouvelle loi, «les forces de sécurité et la police israéliennes auront tous les pouvoirs pour l’empêcher».
Israël a conquis et annexé la partie arabe de Jérusalem en 1967. Cette décision n’a pas été reconnue par la communauté internationale.
La population palestinienne des territoires est estimée à 2,5 millions, dont quelque 180.000 à Jérusalem-est. (AFP)
L’autorité présidée par Yasser Arafat a choisi de croiser le fer avec Israël en lançant hier un recensement que le gouvernement Netanyahu a aussitôt essayé de contrer par des moyens légaux en faisant voter d’urgence par la Knesset une loi pour exclure Jérusalem-est de cette opération, présentée par les Palestiniens comme une nouvelle étape dans l’édification de leur nation.Quelque 3.000 agents du recensement ont commencé à sillonner les territoires occupés, y compris, discrètement, Jérusalem-est, considérée par les Palestiniens comme la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.Israël, opposé à tout ce qui peut apparaître comme une remise en cause de son contrôle sur une ville qu’il présente comme sa capitale, s’est aperçu au dernier moment qu’il n’avait pas les moyens légaux d’y empêcher le...