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Actualités - Chronologie

Les MST font le lit du VIH


Les maladies sexuellement transmissibles (MST) font le lit du sida, ont coutume de dire les spécialistes pour lesquels une grande fréquence de ces maladies est toujours un signe de mauvais augure, présageant d’un risque de propagation rapide du VIH.
Dans le monde, la transmission sexuelle demeure en effet le mode le plus répandu (85% à 90%) du sida, lui aussi une MST, ont rappelé les experts, lors de la dixième conférence sur les MST et le sida qui se tient du 7 au 11 décembre à Abidjan (Côte d’Ivoire).
Les rapports sexuels non protégés entre hommes et femmes sont responsables de la plupart des 3,3 millions de nouvelles infections survenues dans la population adulte d’Afrique sub-saharienne, selon l’ONUSIDA qui intègre la prévention et le traitement des MST dans la lutte contre l’épidémie sida qui se propage au rythme de 16.000 nouvelles infections chaque jour dans le monde.
A Nairobi, le traitement des MST chez 500 prostituées, associé à une promotion à 80% des préservatifs, permet de prévenir 10.000 nouvelles infections par an, a montré une étude soulignée dans un rapport récent de la Banque mondiale.
En zone rurale, en Tanzanie, une autre étude a confirmé que le traitement des MST, associé à un programme d’éducation sur les MST et le sida, permettait d’obtenir une diminution importante, d’environ 40% de l’incidence de l’infection par le VIH.

Toilette vaginale

Selon le Dr Daniel Tarantola, directeur d’un programme international sida à la Harvard School of Public Health (Etats-Unis), «beaucoup de femmes pensent encore que les pertes vaginales font partie de l’évolution normale». Ce spécialiste de santé publique a par ailleurs déploré l’insuffisance d’investissement dans les programmes anti-MST, pourtant utiles.
Plus de 60 millions de MST surviennent sur le continent africain par an, a-t-il indiqué.
En revanche, comme exemple de résultat positif de l’information, Peter Way a souligné la progression des achats de préservatifs au Sénégal, passée de moins de 800.000 en 1988 à plus de 14 millions par an.
Une évaluation de la prévention des MST/sida parmi 45.000 étudiants au Cameroun a montré un recours accru aux structures adéquates de soins des MST et une diminution des relations sexuelles à risques.
Certaines coutumes contribuent à fragiliser l’organisme, telle la toilette vaginale, habituelle chez les femmes enceintes d’Abidjan. Pratique anodine lorsqu’elle est faite avec de l’eau ou du savon, elle risque d’accroître le risque d’infection microbienne avec l’utilisation de désinfectants liquides déséquilibrant la flore génitale naturelle, selon une étude menée sur 552 femmes.

Les routiers

Une infection à la chlamydia, un germe cause par ailleurs d’infertilité, a été détectée chez 21,4% de celles utilisant des désinfectants contre 3,6% chez les femmes ne l’utilisant pas, selon des résultats présentés à Abidjan.
Une enquête menée en Ouganda sur 9.662 personnes en milieu rural montre que 30% des femmes et 10% des hommes interrogés avaient eu au moins un signe de MST (écoulement vaginal ou brûlure en urinant) et qu’approximativement 40% n’avaient rien fait pour se traiter. Seul un tiers de ceux qui cherchaient un traitement se sont adressés à des postes sanitaires, tandis que les autres se traitaient eux-mêmes ou recouraient aux guérisseurs traditionnels.
Cette étude menée conjointement par l’université de Kampala et l’université Johns Hopkins de Baltimore (Etats-Unis) offrait un traitement gratuit pour tous les participants infectés et leurs partenaires sexuels. Seuls 36% ont réclamé leurs résultats d’examen sanguins et 40% de ceux qui étaient contaminés sont venus chercher leur traitement.
Plus de 92% des personnes infectées de cette enquête n’ont pas reçu de traitement efficace, concluent les auteurs de l’étude en prônant un meilleur accès à des soins convenables assortis d’une information sur les MST.
Toujours selon ce travail, la rareté des lieux de soins locaux, le manque de ressources et la méconnaissance des signes qui devraient amener à consulter, conduisent plus volontiers les gens vers les remèdes traditionnels (11,3% des hommes et 14,7% des femmes parmi ceux cherchant à se soigner).
Selon une enquête menée par l’université de Ougadougou (Burkina Faso) en mars 1997 auprès de 739 chauffeurs routiers de 15 à 49 ans, plus d’un routier sur cinq semble ignorer les modes de transmissions du VIH et plus préoccupant, un sur trois indiquait n’avoir pas l’intention de se servir à l’avenir d’un préservatif. (AFP)
Les maladies sexuellement transmissibles (MST) font le lit du sida, ont coutume de dire les spécialistes pour lesquels une grande fréquence de ces maladies est toujours un signe de mauvais augure, présageant d’un risque de propagation rapide du VIH.Dans le monde, la transmission sexuelle demeure en effet le mode le plus répandu (85% à 90%) du sida, lui aussi une MST, ont rappelé les experts, lors de la dixième conférence sur les MST et le sida qui se tient du 7 au 11 décembre à Abidjan (Côte d’Ivoire).Les rapports sexuels non protégés entre hommes et femmes sont responsables de la plupart des 3,3 millions de nouvelles infections survenues dans la population adulte d’Afrique sub-saharienne, selon l’ONUSIDA qui intègre la prévention et le traitement des MST dans la lutte contre l’épidémie sida qui se propage au...