Dans un rapport, publié à l’occasion du dixième anniversaire du lancement de la «guerre des pierres» contre l’occupation israélienne, le 9 décembre, Betselem précise que 1.479 Palestiniens ont été tués dont 1.346 par l’armée et le reste par des civils, essentiellement des colons.
Pendant les années 1988 et 1989, considérées comme le paroxysme du soulèvement, 566 Palestiniens ont été tués par les forces d’occupation israéliennes, ajoute Betselem.
Mais lorsqu’Israël a commencé en 1994 à évacuer des territoires dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, le nombre de victimes palestiniennes «a nettement chuté», observe Betselem.
«Dans l’année écoulée, 18 Palestiniens ont été tués par l’armée israélienne», indique le rapport.
Parallèlement, pendant les dix années écoulées, 256 civils israéliens et 127 militaires ont été tués par des Palestiniens, selon le décompte de l’association de défense des droits de l’homme.
A l’inverse, c’est depuis l’arrêt officiel de l’intifada — correspondant avec la signature des premiers accords d’autonomie par Israël et l’OLP en 1993 — que le nombre de victimes israéliennes a augmenté. Ainsi, en 1988 et 1989, 43 civils et militaires israéliens ont été tués, contre 104 en 1995 et 1996.
Cette forte hausse s’explique par la multiplication, ces trois dernières années, des attentats à la bombe perpétrés, généralement en Israël même, par des formations islamistes opposées aux accords d’autonomie.
En ce qui concerne les victimes palestiniennes, la plupart ont été tuées par des militaires israéliens qui ont ouvert le feu alors qu’ils ne faisaient face à aucun danger mortel, note l’association.
Très rares sont les cas de soldats qui ont été punis par l’armée pour avoir tiré abusivement sur des Palestiniens, parfois des enfants, non armés.
Une autre association israélienne, Hamoked, spécialisée dans l’assistance juridique aux Palestiniens qui portent plainte contre l’armée, a soulevé les mêmes accusations.
«Au total, sur les 441 plaintes palestiniennes pour violations des droits de l’homme traitées par Hamoked, des militaires n’ont été mis en accusation que dans 22 cas», indique cette association dans un rapport publié à l’occasion de la journée internationale des droits de l’homme, le 10 décembre.
Betselem a aussi précisé que l’armée a émis, depuis le début de l’intifada, 18.000 ordres de détention administrative, aux termes desquels des Palestiniens sont détenus sans jugement pour des périodes de trois mois renouvelables à discrétion des militaires.
En outre, 481 Palestiniens ont été bannis des territoires occupés, selon Betselem.
L’armée a également détruit 2.247 maisons palestiniennes pendant les dix dernières années, a précisé l’association. (AFP)


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