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Actualités - Chronologie

Purge du secteur financier en Thailande

Après six mois de débâcle économique, le gouvernement thaïlandais a pris le taureau par les cornes et décidé de purger un secteur financier au bord de la banqueroute afin de complaire au Fonds monétaire international (FMI) et regagner la confiance des investisseurs internationaux.
Il a annoncé lundi la fermeture de la quasi-totalité des 58 firmes financières les plus endettées, dont les activités étaient suspendues depuis juin, dans le cadre d’une restructuration radicale du secteur de la finance.
Seules deux de ces sociétés, jugées viables, survivront à la consolidation réclamée par le FMI en échange d’un plan d’aide multilatéral de 17,2 milliards de dollars.
Les 56 firmes restantes — plus de la moitié de l’ensemble du secteur financier thaïlandais — vont soit fusionner ou être absorbées par des compagnies étrangères, soit être carrément liquidées.
Le poids de leurs créances douteuses, évaluées à quelque 16 milliards de dollars, menaçait la stabilité de l’économie tout entière. Elles s’étaient dangereusement exposées, essentiellement dans l’immobilier, durant la «bulle spéculative» des années 80 et 90, se retrouvant soudainement à court de liquidités.
«Notre décision est un signal évident de la volonté de la Thaïlande de reconstruire un secteur financier puissant et viable… et devrait rétablir la confiance dans l’économie», a souligné le ministre des Finances Tarrin Nimmanhaeminda.
«Le plus tôt le système financier retrouvera la santé, le plus tôt l’économie se redressera et une croissance durable repartira», a-t-il prédit.
La purge, qui était attendue, met immédiatement au chômage «environ 6.000» employés, de l’aveu même du gouvernement. Près de 20.000 cols blancs au total — dont 10.000 ont déjà été licenciés — pourraient être victimes de la restructuration financière, au moment où la Thaïlande traverse sa récession la plus grave depuis un demi-siècle.
Le gouvernement a créé en octobre deux agences pour gérer la refonte financière. La première, l’Agence de restructuration financière (FRA), supervisera les fusions, les acquisitions ou la liquidation des 56 firmes. La seconde (AMC, Asset Management Corporation) récupérera leurs créances douteuses.
Les deux agences vont engager sur-le-champ la liquidation des sociétés faillies, séparant les créances recouvrables des mauvaises dettes, un processus qui devrait prendre huit semaines.
L’assainissement du secteur financier est un test crucial de la capacité du gouvernement thaïlandais à respecter les conditions dictées par le FMI en échange de son assistance, selon les analystes.
La purge financière survient juste avant une réunion du FMI à Washington qui doit recommander l’octroi de la deuxième tranche (3 mds USD) du plan de soutien multilatéral à la Thaïlande.
Elle est aussi la première épreuve politique du gouvernement de Chuan Leekpai, qui va jouer sa crédibilité sur son aptitude à relancer l’économie et rétablir la confiance des investisseurs étrangers.
Les marchés thaïlandais, qui avaient accueilli favorablement le gouvernement Chuan il y a un mois, ont immédiatement applaudi la purge financière.
La Bourse de Bangkok rebondissait de 14,63 points (+3,76%) à la mi-journée, au-dessus du seuil psychologique des 400 points, après s’être effondrée la semaine dernière.
Quant au baht, à l’origine de la tempête monétaire en Asie du Sud-Est, il se raffermissait à 41,53-63 pour un dollar, en net redressement par rapport à son taux plancher record (42,95-43,05) atteint mercredi dernier à Bangkok. (AFP)
Après six mois de débâcle économique, le gouvernement thaïlandais a pris le taureau par les cornes et décidé de purger un secteur financier au bord de la banqueroute afin de complaire au Fonds monétaire international (FMI) et regagner la confiance des investisseurs internationaux.Il a annoncé lundi la fermeture de la quasi-totalité des 58 firmes financières les plus endettées, dont les activités étaient suspendues depuis juin, dans le cadre d’une restructuration radicale du secteur de la finance.Seules deux de ces sociétés, jugées viables, survivront à la consolidation réclamée par le FMI en échange d’un plan d’aide multilatéral de 17,2 milliards de dollars.Les 56 firmes restantes — plus de la moitié de l’ensemble du secteur financier thaïlandais — vont soit fusionner ou être absorbées par des...