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Actualités - Chronologie

Combattre la terreur islamiste à coups de dollars

«Donnez-moi une poignée de dollars et je relèverai le défi de la terreur islamiste»: cette profession de foi en exergue, Mustapha el-Guindi, un jeune tour-opérateur égyptien, a pris son bâton de pèlerin pour une tournée de reconquête des touristes en faveur de l’Egypte endeuillée par le massacre de Louxor.
Son projet, soutenu par des associations de professionnels égyptiens, est simple: prélever un ou deux dollars par nuit et par touriste sur la marge des hôteliers installés en Egypte pour alimenter un fonds de développement «contre la pauvreté et la misère, véritables viviers du terrorisme». Il veut le faire partager aux voyagistes européens et notamment français et les encourager à reprendre leurs réservations pour le pays des Pharaons.
Si l’idée se concrétise, ce sont quelque 50 millions de dollars par an qui tomberaient dans l’escarcelle pour lancer des dizaines de micro-projets économiques et sociaux dans les campagnes: adduction d’eau, hôpitaux, salles et terrains de sports. «Le véritable combat contre le terrorisme et l’intégrisme commence là, au quotidien», affirme Mustapha el-Guindi.
«Après la tragédie de Louxor, les touristes doivent changer le regard qu’ils portent habituellement sur l’Egypte. Ils ne doivent plus se comporter comme des spectateurs dans une réserve, mais comme des acteurs prêts à se porter au secours de ce creuset de la civilisation universelle. Leur retour en Egypte doit marquer leur rejet du terrorisme et de la violence», poursuit-il.
L’attaque du temple d’Hatchepsout, en Haute-Egypte, par des islamistes armés, le 17 novembre, avait fait 68 morts, dont 58 touristes étrangers, en majorité suisses.
Elle survenait un mois après la représentation à grand spectacle, sur ces hauts lieux de la civilisation pharaonique, d’Aïda, l’opéra de Verdi, qui devait marquer le retour du pays aux années fastes du tourisme, après des années de vaches maigres.
Les Egyptiens en attendaient quelque 4 milliards de dollars de revenus pour la saison 1997-98. Après le massacre, suivi d’une cascade d’annulations, le manque à gagner est estimé à au moins un milliard de dollars, selon les experts. Le tourisme est, avec les revenus du Canal de Suez et les hydrocarbures, l’un des principaux postes de revenus en devises du pays.
Outre les grands établissements touristiques, ce sont des milliers de «petites mains» du tourisme, loueurs de felouques (barques) et de calèches, guides de circonstance, vendeurs à la sauvette et mendiants, nombreux aux abords des monuments, qui seront les premiers à en pâtir.
«C’est l’économie locale, celle des petits gens, qui est visée. Plus il y aura de pauvres et d’exclus, mieux le terrorisme se portera», martèle Mustapha el-Guindi, qui exploite notamment un bateau de plaisance sur le lac Nasser, l’immense retenue du Haut-Barrage d’Assouan.
M. el-Guindi se prévaut d’une expérience personnelle réussie, selon lui, dans son village de Hagaiza, dans le Delta du Nil: avec ses propres deniers, il a créé un fonds d’urgence, qui lui a permis de rénover l’hôpital et de construire un stade. Il voudrait financer une station d’épuration d’eau et un réseau de distribution pour l’eau potable: «Dans le pays du Nil, des paysans ont encore du mal à étancher soif avec une eau saine», regrette-t-il.
«Notre initiative est égyptienne à 100%. C’est notre responsabilité. Mais elle doit être relayée par tous les amis de l’Egypte dans le monde. Et si par malheur nous devions échouer, personne ne pourra dire que nous n’avons rien fait pour prévenir l’enfermement dont l’intégrisme nous menace», conclut-il. (AFP)
«Donnez-moi une poignée de dollars et je relèverai le défi de la terreur islamiste»: cette profession de foi en exergue, Mustapha el-Guindi, un jeune tour-opérateur égyptien, a pris son bâton de pèlerin pour une tournée de reconquête des touristes en faveur de l’Egypte endeuillée par le massacre de Louxor.Son projet, soutenu par des associations de professionnels égyptiens, est simple: prélever un ou deux dollars par nuit et par touriste sur la marge des hôteliers installés en Egypte pour alimenter un fonds de développement «contre la pauvreté et la misère, véritables viviers du terrorisme». Il veut le faire partager aux voyagistes européens et notamment français et les encourager à reprendre leurs réservations pour le pays des Pharaons.Si l’idée se concrétise, ce sont quelque 50 millions de dollars par...