Ceux qui sont pressentis défendent la thèse d’une «différenciation» entre les candidats, les autres plaident contre toute «discrimination».
La liste des pays avec lesquels s’ouvriront les premières négociations d’adhésion sera déterminée au sommet de l’UE des 12 et 13 décembre à Luxembourg.
Pologne, République tchèque, Hongrie, Slovénie, Lettonie, Chypre, Estonie, Lituanie, Bulgarie, Roumanie et Slovaquie sont candidats. La Commission européenne avait proposé en juillet que les négociations s’ouvrent dans un premier temps avec quatre pays de l’Est, outre la Lettonie et Chypre: Pologne, la République tchèque, Hongrie et Slovénie.
Le Parlement européen a préconisé jeudi l’ouverture, dès le début 1998, de négociations d’adhésion avec tous, sauf la Slovaquie.
Pour tous ces pays de l’Est candidats, l’adhésion offre le gage d’une intégration dans les institutions européennes et la perspective de débouchés commerciaux sans précédent.
Ils ont, dans leur majorité, un niveau de vie très inférieur à celui des Quinze. Selon l’Office des statistiques de l’UE, Eurostat, le pouvoir d’achat de la République tchèque correspond à 57% de la moyenne communautaire, celui de la Slovaquie 41%, la Hongrie 37% et la Pologne 31%, seule la Slovénie ayant un pouvoir d’achat comparable (99%).
La Hongrie insiste sur «l’approche différenciée» et juge que «le moment de l’adhésion à l’UE devrait être fondé sur les acquis individuels» des candidats, rappelait la semaine dernière le ministre des Affaires étrangères Laszlo Kovacs.
Bons élèves
La Pologne, que l’UE considère comme une économie de marché viable, veut l’ouverture de négociations avec l’UE dès mars 1998. «L’adhésion à l’UE est l’une de nos priorités», déclarait en novembre le premier ministre Jerzy Buzek. Varsovie compte bien être dans l’UE en l’an 2000.
La République tchèque assure qu’elle sera «dans un état de préparation satisfaisant» à l’ouverture des négociations d’adhésion, point de vue confirmé par le commissaire européen Hans van den Broek, qui l’a jugée «sur la bonne voie, en faisant preuve de beaucoup de réalisme et étant très consciente des devoirs qu’il lui reste à accomplir».
Autre «bon élève», la Slovénie est l’exemple le plus frappant de la région d’engagement vers l’Ouest. Elle se voit fréquemment reprocher d’avoir oublié dès son indépendance en 1991, l’ex-Yougoslavie dont elle était le pays le plus prospère, au profit de l’Europe occidentale. Ses progrès en matière de libéralisation sont jugés considérables par Bruxelles.
Derrière ce peloton de tête, viennent la Roumanie et la Bulgarie, qui entendent ne pas être laissées de côté.
Sofia, qui, sous la pression internationale, a entrepris une reprise en main de l’économie, estime, selon son président Petar Stoïanov, qu’«il ne faut pas décourager» les Bulgares qui ont accéléré les réformes cette année en leur refusant «un départ égal» avec les autres pays post-communistes.
Fin octobre, son homologue roumain Emil Constantinescu affirmait: «Toute solution qui accentuerait les lignes de démarcation entre la Roumanie et la Hongrie, ou entre la Roumanie et la Pologne représenterait un élément de profonde frustration qui s’ajouterait aux souffrances engendrées par la réforme économique».
Leurs attentes sont renforcées par la Grèce, convaincue que «la région balkanique ne doit pas être isolée des évolutions européennes». (AFP)


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