Dans cette étude, le géologue John Bradley, du Georgia Institute of Technology d’Atlanta, et ses collègues expliquent que les micro-organismes repérés sur cette météorite tombée dans l’Antarctique il y a 13.000 ans ne seraient en fait que des fragments de cristaux de carbone n’ayant rien à voir avec une quelconque forme de vie.
Cette étude est la première publiée dans une revue scientifique prestigieuse qui remet sérieusement en cause la découverte, annoncée avec fracas en août 1996 par le «patron» de l’agence spatiale américaine.
Daniel Goldin avait alors révélé qu’une équipe de chercheurs dirigée par David McKay, du centre spatial Johnson de la NASA à Houston (Texas), avait identifié sur la météorite Allan Hills 84001 la présence d’éléments accréditant l’hypothèse d’une activité biologique sur la «planète rouge» il y a 3,6 milliards d’années.
Face au scepticisme suscité par cette annonce spectaculaire, les chercheurs de la NASA avaient rapidement mis un bémol à cette affirmation, préférant parler de «faisceau de preuves» plutôt que de véritable «découverte». Mais la polémique n’a, depuis, jamais cessé.
Le dernier clou
Dans l’étude publiée par «Nature», John Bradley et ses deux collègues Ralph Harvey, de la Case-Western Reserve University de Cleveland (Ohio), et Hap McSween, de l’université du Tennessee, ont examiné ce même caillou martien avec le même microscope électronique. Ils y ont découvert d’autres structures mais qui ne sont que de nature géologique, rapportent-ils.
Si, sous un certain angle, ces éléments ressemblent bien à des vers ou des nanofossiles, il suffit de les observer sous un autre profil pour constater que leurs lamelles sont orientées dans le même sens que les strates de la pierre et font partie intégrante de sa surface, écrivent les chercheurs américains.
«Ces structures segmentées qui apparaissent sur ces formes de vers sont des éléments provenant des enveloppes en métal appliquées sur l’échantillon pour être visibles par le microscope électronique», a expliqué John Bradley dans un communiqué.
«Ce n’est pas la première fois que ces éléments métalliques sont confondus avec des nanofossiles», a-t-il ajouté. Selon lui, ces éléments sont notamment visibles sur bon nombre d’échantillons de roches lunaires.
Dans un article également publié dans «Nature», David McKay et son équipe répondent point par point à leurs contradicteurs.
S’ils reconnaissent que certaines structures repérées par John Bradley sont d’origine géologique, ils affirment en revanche que celles qu’ils ont estimées d’origine biologique sont totalement différentes.
«Les formes considérées comme des nanofossiles martiens sont plus grandes que les lamelles ou la magnétite allongée citées par Bradley», écrivent-ils notamment.
Comme l’a reconnu un des auteurs de l’étude de «Nature», Ralph Harvey, la polémique est encore loin d’êtrre close. «Nous n’avons pas encore enfoncé le dernier clou dans le cercueil des organismes présents sur ce rocher martien», a-t-il affirmé. (AFP)


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