La détermination du premier ministre tchèque démissionnaire Vaclav Klaus à se présenter dans dix jours comme candidat à la présidence du Parti démocratique civique (ODS) «pousse le pays vers des élections anticipées», a estimé le chef des chrétiens-démocrates Josef Lux.
La nouvelle candidature de M. Klaus à la présidence de l’ODS, parti libéral qu’il avait fondé en avril 1991, «n’est pas très sage, ni très digne d’un homme d’Etat», a déclaré le chef de l’Union chrétienne-démocrate (KDU-CSL), l’un des trois partis de la coalition actuelle au pouvoir, avec l’ODS et l’Alliance démocratique civique (ODA).
Pour M. Lux, la candidature de M. Klaus «rendra très difficile toute possibilité de coopération avec l’ODS». Le nouveau chef de l’Alliance démocratique civique, Jiri Skalicky, a également critiqué la position du chef de l’ODS, ainsi que la suspension par ce parti des négociations visant à la formation d’un nouveau gouvernement.
Selon lui, en attendant le congrès extraordinaire de l’ODS, «on perd inutilement du temps». Un consultation des chefs de la KDU-CSL et de l’ODA à ce sujet devait avoir lieu en soirée au Parlement.
L’opposition sociale-démocrate et communiste a profité des dissensions au sein de la coalition au pouvoir pour faire adopter à la Chambre des députés une résolution appelant le gouvernement Klaus à suspendre la privatisation des trois principales banques commerciales du pays qui devait rapporter plus d’un milliard de dollars.
M. Klaus a confirmé le même jour qu’il sera candidat à la présidence de l’ODS lors du congrès extraordinaire prévu les 13 et 14 décembre. «J’y suis poussé par les circonstances», a-t-il affirmé à la presse.
«Je dois me soumettre à cette épreuve (électorale) pour ne pas décevoir les dizaines, voire les centaines de milliers de gens qui font confiance à l’ODS et à moi-même», a notamment déclaré le chef de l’ODS, dont l’avenir politique est fortement contesté par ses partenaires de coalition, mais aussi par certains dirigeants de son propre parti.
M. Klaus a cependant indiqué que l’ODS — après son congrès de décembre au cours duquel ses dirigeants devront remettre en jeu leurs mandats — tiendra en mars un autre congrès pour insuffler une «renaissance» au parti et formuler un nouveau programme politique.
Le 13 décembre, pendant que M. Klaus disputera la partie décisive pour garder la tête de l’ODS et sa position sur la scène politique, le président Vaclav Havel sera contraint à sortir d’une convalescence pénible pour représenter son pays en crise au sommet de l’Union européenne à Luxembourg. (AFP)


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