Mais, l’ambitieuse ex-épouse du président Nelson Mandela, âgée de 63 ans, a le don de rebondir. Elle s’est déjà sortie d’un procès pour meurtre, d’une série de scandales et d’une éviction humiliante du gouvernement.
Reste à savoir si elle pourra surmonter son actuelle épreuve.
Son mariage avec Nelson Mandela en 1958, alors qu’il était déjà une figure de proue de la lutte anti-apartheid, puis la détention de son mari, qui durera 27 ans, la projetèrent dans l’arène politique.
Cependant, l’assistante sociale expérimentée devenue militante enflammée, conquit une immense popularité par sa propre personnalité, à travers son défi ouvert et intransigeant au régime blanc d’apartheid qui la harcela, l’isola, puis finalement la bannit en 1977 dans le petit village de Brandfort, dans l’Etat libre d’Orange.
Elle contourna fréquemment son bannissement pour retourner à Soweto, le township noir de Johannesburg, jusqu’à la levée de la mesure en 1986.
Son image commença à se brouiller quand elle s’entoura à Soweto d’une bande de gardes du corps — le Mandela United Football Club — se transformant rapidement en un gang de criminels.
Sa première disgrâce intervint quand elle et son club furent impliqués dans l’enlèvement de quatre jeunes de Soweto et le meurtre de l’un d’entre eux, Stompie Seipei, âgé de 14 ans, en décembre 1988.
Alors que la controverse sur cette affaire était en cours, elle marcha main dans la main avec son mari, Nelson Mandela, lors de sa libération le 11 février 1990, à sa sortie de la prison Victor Verster, dans la province du Cap occidental, lors de l’un des grands moments de l’histoire de l’Afrique du Sud.
Mais les relations du couple, restées solides pendant les années de prison, furent mises à rude épreuve quand Winnie se trouva inculpée pour l’enlèvement des quatre jeunes et le meurtre de Stompie.
Cela n’empêcha pas Nelson Mandela de se tenir pendant toute la durée du procès auprès de sa femme qui fut finalement acquittée du meurtre et condamnée pour l’enlèvement, mais jamais emprisonnée.
Une série de scandales contribua toutefois à tendre encore leurs relations. En 1992, elle fut démise de toutes ses fonctions dirigeantes au sein du Congrès national africain (ANC) après des accusations de corruption et de mauvaise gestion dans son département des affaires sociales.
Le divorce
Peu après, Mandela et sa femme se séparèrent, au milieu de rumeurs de liaison entre Winnie et un jeune avocat. Ils divorcèrent finalement en mars 1996. Jusqu’au bout Winnie affirma que son mariage avait été saboté par des agents de l’apartheid.
Mais elle surmonta encore cet épisode. S’appuyant sur le soutien des jeunes militants et son charisme personnel, elle parvint à se hisser à la tête de la Ligue des femmes de l’ANC, et fut nommée ministre des Arts, de la Culture, de la Science et de la Technologie dans le gouvernement d’union nationale de mai 1994.
Neuf mois seulement après, elle déclencha la colère de Nelson Mandela en mettant en cause les performances de son gouvernement, puis en s’embarquant pour un voyage non autorisé en Afrique occidentale. Limogée du gouvernement, elle garda son poste de député et de présidente de la Ligue des femmes.
En avril dernier elle réussit à contrer une opération visant à la déloger de la tête de la Ligue des femmes. C’est cette organisation de l’ANC qui propose maintenant sa candidature à la vice-présidence du parti pour le congrès du 16-20 décembre.
Winnie se veut désormais la porte-parole des «masses» contre la direction de l’ANC. Elle a dénoncé l’incapacité du gouvernement à lutter efficacement contre la criminalité et le reniement de ses promesses électorales.
La réaction de l’appareil de l’ANC a été publique et brutale: Winnie Mandela est une «populiste» et un «charlatan», a dit Steve Tshwete, le ministre des Sports, chargé de lui répliquer.
Si suffisamment de témoins à la TRC l’impliquent de manière irréfutable dans des meurtres, agressions et tortures, sa carrière politique — au moins à l’ANC — risque de se terminer. Mais, Winnie, dont on a prédit maintes fois la chute, s’en est à chaque fois sortie par son tempérament de lutteuse. (AFP)


Israël Katz assure que l’armée israélienne « conservera sa liberté d’action militaire » au Liban malgré la nouvelle trêve
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir