Le Brésilien Joao Havelange (82 ans) a apporté mercredi à Marseille (Sud), son soutien à Joseph Blatter, secrétaire général de la Fédération internationale de football (FIFA), pour lui succéder en juin prochain à la tête de l’organisme dirigeant du football mondial qu’il préside depuis 24 ans.
Après l’avoir empêché de se présenter en 1994, le président de la FIFA s’est en effet montré élogieux envers M. Blatter, tout en ménageant le Suédois Lennart Johansson, président de l’Union européenne de football (UEFA) et seul candidat déclaré à sa succession le 8 juin à Paris. Les associations nationales ont jusqu’au 7 avril pour présenter le candidat de leur choix.
«S’il le voulait, M. Blatter (NDLR: qui était à ses côtés) serait un grand président de la FIFA compte tenu de ses qualités», a affirmé M. Havelange au cours d’une conférence de presse où il a confirmé qu’il ne se représenterait pas. «S’il se présente, c’est son problème, pas le mien. C’est à lui de décider», a-t-il ajouté. S’il le fait et s’il est élu, je le féliciterai. Dans le cas contraire, je serai très triste». M. Blatter a déclaré récemment «ne pas vouloir se lancer dans la bataille présidentielle».
M. Havelange s’est bien gardé de critiquer dans le même temps M. Johansson. «Un homme très respecté à la FIFA où il est vice-président et une personnalité remarquable», a-t-il dit, tout en soulignant que «ce n’était pas la même chose de diriger une Confédération et la FIFA». «Mais, a-t-il poursuivi, s’il y parvient, il n’y a aucune inquiétude à avoir».
L’appel de Jacques
Chirac
Le président de la FIFA a également donné son avis sur une éventuelle candidature de Michel Platini, comme le souhaite Pelé, actuel ministre des Sports du Brésil. «J’ai un très grand sentiment pour le joueur qui était un exemple sur le terrain, a-t-il affirmé. Il a démontré des qualités indiscutables dans son travail comme président du comité français d’organisation. S’il est candidat, on ne peut qu’applaudir car c’est une grande personnalité et ce sera bien pour le football, comme d’ailleurs M. Johansson».
M. Havelange a évoqué également la fin de son mandat. «Je quitterai la FIFA le 12 juillet, le jour de la finale du Mondial-98, lorsque je transmettrai le trophée à M. Jacques Chirac pour qu’il le remette au capitaine victorieux, a-t-il expliqué. Ma mission sera terminée mais j’aurai la joie de laisser 4 milliards de dollars pour 10 ans à mon successeur».
Hasard ou coïncidence, M. Havelange a surpris tout son monde en quittant quelques minutes la salle de conférence pour un appel téléphonique venant de l’Elysée. «Excusez-moi mais M. Chirac m’appelle», a-t-il lancé avant de confier à son retour que le président de la République l’avait joint pour lui exprimer ses regrets d’être absent jeudi au tirage. «Il m’a assuré de sa présence le 28 janvier 1998 pour l’inauguration du Stade de France lors de France-Espagne en présence du roi Juan Carlos», a indiqué Joao Havelange, très détendu malgré le rythme très soutenu imposé depuis son arrivée à Marseille. (AFP)

