En gestation depuis plus de trois ans, le projet de réforme a obtenu l’aval des ministres de la Défense de l’OTAN, réunis en session semestrielle à Bruxelles, grâce à la levée en dernière minute de restrictions posées par la Grande-Bretagne dans le cadre de son contentieux avec l’Espagne sur Gibraltar.
«La Grande-Bretagne a retiré ses réserves» sur ce dossier, a annoncé le ministre espagnol de la Défense Eduardo Serra. «La nouvelle structure militaire intégrée a été approuvée», s’est-il félicité.
«Nous ne pouvons nous associer aux décisions d’approbation de la nouvelle structure, dans son état actuel, mais nous veillons à ne pas y faire obstacle», a déclaré de son côté le ministre français de la Défense Alain Richard.
«Le rééquilibrage des responsabilités entre Européens et Américains, au sein de l’organisation du commandement intégré, ne rejoint pas ce que la France souhaite», a-t-il constaté.
M. Richard a assuré que la France n’entendait pas bloquer la nouvelle structure, et qu’elle souhaitait même augmenter sa contribution aux activités militaires de l’OTAN: «Nous entendons progresser dans l’association de la France aux activités militaires de l’Alliance», a-t-il déclaré.
Le maintien de Paris hors de la structure militaire de l’Alliance était certain depuis juillet. Pendant plus d’un an, la France a réclamé en vain l’attribution à un Européen du commandement régional Sud de l’OTAN, basé à Naples (Italie). Washington s’y est opposé en arguant d’«intérêts vitaux» dans la Méditerranée, où évolue la VIe flotte de l’US Navy.
L’adoption de la nouvelle structure intégrée de l’OTAN marque à l’inverse la pleine intégration de l’Espagne, membre de l’Alliance depuis 1986 mais qui, comme la France, était restée jusqu’ici absente de ses états-majors.
Les réserves britanniques sur cette nouvelle structure, liées au contentieux entre Londres et Madrid sur Gibraltar, empêchaient jusqu’ici l’Espagne d’annoncer sa participation aux nouveaux commandements militaires intégrés qui vont être établis, en principe à partir de 1999, année au cours de laquelle l’OTAN intégrera la Pologne, la République tchèque et la Hongrie.
Ces réserves levées, «les conditions posées par le gouvernement (espagnol) sont remplies et la décision définitive peut être prise» de l’intégration de l’Espagne dans la structure de commandement intégré de l’OTAN, s’est félicité mardi le ministre espagnol de la Défense.
La Grande-Bretagne avait conditionné son feu vert à la réforme de l’OTAN à la levée des restrictions maritimes et aériennes que l’Espagne fait peser sur Gibraltar depuis les années 60. Madrid considère que l’aéroport desservant le «rocher» a été construit illégalement en 1938 sur le sol espagnol et avait demandé un contrôle conjoint de la plate-forme, ce que Londres avait refusé.
Gibraltar est une colonie britannique à perpétuité depuis le traité d’Utrecht de 1713, située à l’extrême-sud de la péninsule ibérique. (AFP)


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