Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Septulés blancs et sextuplés noirs

Leur naissance au printemps dans une modeste famille noire de Washington est passée largement inaperçue, mais après des mois d’indifférence et dans la foulée de la gloire des septuplés de l’Iowa, la solidarité s’organise autour des sextuplés oubliés de Washington.

Les premiers sextuplés noirs des Etats-Unis sont nés sans fanfare, en mai dernier, dans un hôpital de Washington. Leur mère, Jacqueline Thompson, 32 ans, n’avait pas suivi de traitement préalable contre la stérilité et leur père Linden a dû prendre immédiatement un deuxième emploi d’électricien pour faire bouillir la marmite. Le couple était marié depuis onze ans.
Un des bébés est mort à la naissance, mais les cinq autres — quatre filles et un garçon —, nés à presque 30 semaines de grossesse, ont quitté l’hôpital sans complications pour rejoindre le petit appartement de trois pièces ou vit la famille dans un quartier du nord-est de la capitale fédérale.
Par contraste, la naissance il y a près de deux semaines des septuplés de l’Iowa, surnommés «les septuplés magnifiques» ou «les sept merveilles» par la presse, a fait battre le cœur des Américains et suscité un élan sans précédent de générosité.
Les parents des bébés McCaughey ont reçu une maison, un minivan de 15 places, des surplus inépuisables de couches et de nourriture pour bébés, et même des bourses universitaires pour les futures études de leurs enfants.
Les banques locales ont ouvert des comptes spéciaux pour recueillir les dons financiers, dont plusieurs télévisions se sont fait le relais au niveau national.
Le président Bill Clinton a également longuement téléphoné à la famille de l’Iowa, une conversation répercutée par toutes les chaînes de télévision du pays.

Histoire locale

Les parents d’Emily Elizabeth, Richard Linden, Octavia Daniela, Stella Kimberley et Ann-Marie Amanda Thompson n’ont pas eu, quant à eux, des nouvelles de la Maison-Blanche.
«Je ne sais pas si le président a l’intention d’appeler la famille Thompson», a indiqué le porte-parole de la Maison-Blanche Mike McCurry, plutôt embarrassé, en réponse à une question il y a quelques jours.
«Il a appelé la famille des septuplés parce que c’est un cas unique, mais je pense que le président a apprécié les efforts de la communauté qui a exprimé sa solidarité pour la famille Thompson», a-t-il dit.
Toutefois, depuis que le cas des sextuplés de Washington a été évoqué dans un «talk show», les dons et les caméras de télévision ont commencé à faire leur apparition chez les Thompson qui, émus de cette soudaine et tardive popularité, ont décidé de mettre leur téléphone sur liste rouge et de fuir la presse.
Les Thompson ont reçu leur plus beau cadeau, la promesse d’une maison offerte par la Freddie Mac Foundation, une organisation philanthropique qui possède plusieurs résidences dans Washington et sa proche banlieue.
«Nous voulons qu’ils choisissent une maison avec assez de chambres et de salles de bains», a indiqué Shawn Flaherty, porte-parole de la Freddie Mac Foundation, qui avoue avoir entendu parler de la famille Thompson il y a à peine quelques jours. «Il n’y a pas eu assez de publicité concernant leur situation», regrette-t-elle.
Linda Bugg, responsable de «Sisters in Touch», une organisation d’entraide aux femmes défavorisées de la communauté noire, était là pour sa part dès la première heure. «Au début, c’était une histoire locale, mais tout a changé en vingt-quatre heures et la famille Thompson a reçu une aide substantielle», dit-elle.
Linda Bugg ne tient pas à évoquer le spectre du racisme: «C’est une possibilité, dit-elle. Les gens ont leur propre opinion quant à la manière différente dont la famille Thompson et la famille de l’Iowa ont été traitées». Mais, ajoute-t-elle, «nous devons penser aux enfants, c’est ça le plus important». (AFP)
Leur naissance au printemps dans une modeste famille noire de Washington est passée largement inaperçue, mais après des mois d’indifférence et dans la foulée de la gloire des septuplés de l’Iowa, la solidarité s’organise autour des sextuplés oubliés de Washington.Les premiers sextuplés noirs des Etats-Unis sont nés sans fanfare, en mai dernier, dans un hôpital de Washington. Leur mère, Jacqueline Thompson, 32 ans, n’avait pas suivi de traitement préalable contre la stérilité et leur père Linden a dû prendre immédiatement un deuxième emploi d’électricien pour faire bouillir la marmite. Le couple était marié depuis onze ans.Un des bébés est mort à la naissance, mais les cinq autres — quatre filles et un garçon —, nés à presque 30 semaines de grossesse, ont quitté l’hôpital sans complications...