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Actualités - Chronologie

Dialogue de sourds entre l'Irak et l'ONU

Le dialogue de sourds se poursuit entre les protagonistes de la crise irakienne. Alors que Bagdad menaçait hier de suspendre ses livraisons de pétrole afin d’obtenir une meilleure application de l’accord «pétrole contre nourriture», le Conseil de Sécurité de l’ONU appelait l’Irak à garantir un accès libre à tous ses sites, condition nécessaire avant de délivrer un satisfecit à Bagdad sur «les progrès» accomplis par les Irakiens en matière de désarmement.
Un projet de déclaration, présenté par la Russie et les Etats-Unis au Conseil, a été étudié hier et devrait être adopté aujourd’hui par consensus par les quinze membres du Conseil, ont précisé ces diplomates.
Le texte indique que «le Conseil endosse les conclusions et les recommandations» adoptées par la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (UNSCOM) lors de la session spéciale d’urgence de ses commissaires, le 21 novembre.
Le Conseil doit appeler l’Irak à «accorder à la Commission un accès libre à tous les sites, documents, dossiers et individus».
Mais d’autre part, le Conseil doit aussi souligner que l’UNSCOM «respecte les préoccupations légitimes de sécurité nationale, de souveraineté et de dignité» de l’Irak.
Le Conseil doit également «accueillir favorablement les progrès accomplis par l’UNSCOM et l’AIEA dans plusieurs domaines du désarmement».
L’ambassadeur américain à l’ONU, Bill Richardson, s’est félicité de «cette forte déclaration présidentielle qui montre l’unité du Conseil».
Lors de leur réunion du 21 novembre, les commissaires de l’UNSCOM avaient admis que l’Irak avait fait des progrès dans l’élimination de sa capacité nucléaire et balistique, mais avaient refusé de fermer ces dossiers, comme le demandait la Russie.
Moscou s’est engagé à œuvrer à une levée graduelle des sanctions qui frappent l’Irak depuis sept ans en échange du retour en Irak des experts américains expulsés par Bagdad.
Les commissaires avaient également recommandé une augmentation du nombre des inspecteurs de la Commission spéciale, que Bagdad accuse d’être dominée par les Etats-Unis.
Ils avaient aussi évoqué la possibilité d’exercer une surveillance aérienne «additionnelle» à côté de celle de l’avion de reconnaissance américain U-2 que l’Irak considère comme un avion espion.
L’embargo pétrolier imposé à l’Irak depuis sept ans ne pourra être levé que lorsque l’UNSCOM aura assuré qu’il ne possède plus d’armes de destruction massive.

La menace irakienne

Concernant la menace irakienne d’arrêter l’exportation du brut, l’Irak avait déjà interrompu ses exportations de pétrole pendant près de deux mois, du 17 juin au 14 août, pour protester contre les lenteurs de distribution de l’aide.
«Nous pensons que l’Irak ne peut commencer à exporter son pétrole avant que le secrétaire général (de l’ONU Kofi Annan) ait approuvé le plan de distribution de l’aide», a dit hier à la presse l’ambassadeur irakien à l’ONU, Nizar Hamdoun.
Mais le représentant irakien a ajouté qu’il «ne pensait pas qu’il y aurait un retard» dans les livraisons de pétrole au cours de la phase 3, parce que l’Irak était «déjà en retard pour la phase 1 et la phase 2».
Pour sa part, le responsable du programme humanitaire pour l’Irak, Benon Sevan, a indiqué à la presse que «le plan de distribution n’était pas encore prêt, parce que le gouvernement irakien a posé plusieurs conditions».
«Je pense, a-t-il dit, que nous allons avoir au cours des prochaines semaines des difficultés à distribuer les biens».
M. Hamdoun a indiqué avoir fait part des «graves inquiétudes» de l’Irak sur l’application de l’accord «pétrole contre nourriture» au président en exercice du Conseil de Sécurité, l’ambassadeur du Costa Rica Fernando Berrocal Soto.
Il a précisé que le plan de distribution de l’aide serait «discuté et finalisé en fonction de ce que le Conseil de Sécurité décidera».
Benon Sevan a indiqué que Bagdad réclame notamment que toute l’aide soit distribuée en six mois. «Mais ce n’est pas possible», a dit le responsable de l’ONU, qui a notamment invoqué les délais imposés pour le transport des biens.
Bagdad se plaint que les produits achetés tardent à lui être livrés, et attribue la responsabilité des retards aux Etats-Unis. Le comité des sanctions est chargé d’approuver les contrats d’exportation et d’importation passés par l’Irak.
Pour sa part, M. Annan a préconisé une révision d’urgence de l’application de l’accord pour faire face à la dégradation de la situation humanitaire. (AFP, Reuters)
Le dialogue de sourds se poursuit entre les protagonistes de la crise irakienne. Alors que Bagdad menaçait hier de suspendre ses livraisons de pétrole afin d’obtenir une meilleure application de l’accord «pétrole contre nourriture», le Conseil de Sécurité de l’ONU appelait l’Irak à garantir un accès libre à tous ses sites, condition nécessaire avant de délivrer un satisfecit à Bagdad sur «les progrès» accomplis par les Irakiens en matière de désarmement.Un projet de déclaration, présenté par la Russie et les Etats-Unis au Conseil, a été étudié hier et devrait être adopté aujourd’hui par consensus par les quinze membres du Conseil, ont précisé ces diplomates.Le texte indique que «le Conseil endosse les conclusions et les recommandations» adoptées par la Commission spéciale sur le désarmement de...