Cette affaire a mis en lumière la bataille juridique opposant Thierry Roussel, quatrième mari de Christina Onassis, décédée en 1988, à Stelios Papadimitriou, président de la Fondation Onassis, et à trois autres administrateurs grecs de la fondation.
Le testament de Christina Onassis chargeait les cinq hommes d’administrer la fortune — estimée à trois milliards de dollars — d’Athina, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de 18 ans. Thierry Roussel a accusé la fondation de mauvaise gestion de cette fortune.
Dans une interview accordée à Reuters dans leur propriété proche de Lausanne, Thierry Roussel a expliqué que, depuis février, lui-même, son épouse suédoise Marianne «Gaby» Landhage et leurs quatre enfants vivaient dans la terreur.
D’anciens soldats d’élite britanniques gardent Athina, unique héritière de l’immense fortune amassée par son grand-père maternel, l’armateur grec Aristote Onassis, décédé en 1975.
Athina assistait à une partie de l’interview de samedi, accordée dans la propriété de la famille, dans le petite village vaudois de Lussy-sur-Morges.
Grande et mince, chaussée de bottes d’équitation, elle s’occupait de lapins et d’autres animaux de la propriété.
Mandat d’arrêt
Stelios Papadimitriou a expliqué la semaine dernière à des journalistes à Athènes que la Fondation Onassis avait demandé à des détectives privés de la société israélienne International Security Consultancy un audit sur les mesures de sécurité entourant Athina. Il a ajouté que la fondation versait six millions de dollars par an pour la sécurité et les autres dépenses de la jeune héritière.
Thierry Roussel, qui n’avait pas été informé de cet audit, a dénoncé ce qu’il considère comme des «méthodes scandaleuses» et illégales.
L’enquête menée par le juge genevois Jacques Delieutraz a déjà débouché sur l’arrestation de trois hommes: un Israélien, un Suisse et un Américain.
Le juge a délivré des mandats d’arrêt internationaux contre sept Israéliens, dont plusieurs officiers, soupçonnés de tentative d’enlèvement et implication dans un complot.
Un des sept Israéliens a été interpellé à Milan et les autorités suisses ont demandé son extradition.
Tous les suspects n’ont pas été arrêtés et certains ont réussi à fuir en Israël où ils se retranchent derrière les lois de ce pays pour échapper à la justice suisse et ne pas avoir à répondre aux questions de la police, a dit le père de la jeune Athina.
Il a ajouté que la police l’avait mis en garde une première fois le 15 février et à nouveau en septembre.
La police suisse nous a demandé de renforcer les mesures de sécurité et de l’informer de nos mouvements. Elle nous a demandé les modèles de nos voitures et leurs numéros d’immatriculation et nous a conseillé de rester ensemble, a dit Thierry Roussel. Nous avons vécu dans la terreur. (Reuters)

