La grande majorité des villes d’Algérie ont organisé des «quinzaines» ou des «semaines» d’information qui se sont achevées lundi par des conférences, des débats, des expositions et des visites aux malades dans les hôpitaux.
Les associations et les autorités ont mis l’accent cette année sur l’information, et la prévention, considérées comme insuffisantes, en multipliant les conférences et les expositions dans les universités, les lycées et même les écoles.
Les quelques déclarations d’Algériens à la télévision ou à la radio, à l’occasion de ces manifestations, ont montré l’ignorance de la majorité d’entre eux sur cette maladie et les moyens de s’en prémunir. Les étudiants, dont des jeunes filles, ont paru cependant bien informés.
Dans les médias, mis à part la couverture de ces manifestations, notamment par la télévision, aucun spot ou programme de vulgarisation n’a été prévu. La radio a fait parler des malades qui ont lancé des appels à l’aide, et à la vigilance des jeunes notamment.
Quelque 326 cas de sida et plus de 600 séropositifs ont été recensés en Algérie de 1985 au 30 septembre dernier, selon des estimations de l’Institut national de santé publique (INSP).
L’INSP, qui précise que les cas de sida ont plus que triplé en cinq ans, passant de 98 cas en 1991 à 326 en 1997, estime cependant que ces chiffres ne reflètent pas la réalité car ils «reposent uniquement sur les cas de séroposivité dépistés à partir de don de sang et de quelques études ponctuelles».
En Algérie, cette maladie n’est évoquée qu’à mots couverts. Elle est considérée comme une maladie honteuse, et assimilée par les imams dans les mosquées à une «malédiction» et «une punition divine» frappant particulièrement les «dépravés» et «les débauchés».
Les rares évocations dans les médias, notamment la télévision, sont rapides et incomplètes, sans aucune allusion au moyen le plus sûr de prévention, l’utilisation du préservatif, pour lequel aucune publicité n’est permise.
En encourager l’utilisation est assimilé à une incitation des jeunes à la débauche, dans la société algérienne fortement dominée par les tabous sexuels et les idées intégristes sur la sexualité, ce qui rend le travail des spécialistes et des associations difficile et délicat. (AFP)

