Etats-Unis: «oui», URSS: «oui», France: «oui»: Royaume-Uni: «abstention», Egypte: «non»... Ce samedi après-midi du 29 novembre 1947, dans la grande salle de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, les délégués votent sur la création d’un Etat juif en Palestine.
Dans une atmosphère électrisée, le vote ne dure pas plus de trois minutes. Son verdict est connu: par 33 voix pour, 13 contre et 10 abstentions, les Nations Unies adoptent la résolution 181 qui partage la Palestine, alors sous mandat britannique, entre un Etat juif et un Etat palestinien.
Ce vote historique de l’ONU donnera naissance six mois plus tard, le 14 mai 1948, à l’Etat d’Israël. En revanche, l’Etat palestinien attend toujours, cinquante ans plus tard, de voir le jour.
La résolution, dans un style très diplomatique, stipule que «l’Assemblée générale recommande au Rouyaume-Uni, en tant que puissance mandataire pour la Palestine, ainsi qu’à tous les autres Etats membres de l’organisation des Nations Unies, l’adoption et la mise à exécution, en ce qui concerne le futur gouvernement de la Palestine, du plan de partage avec union économique, exposé ci-dessous».
Le plan de partage, fondé sur la répartition des populations en 1947, prévoyait la création d’un Etat juif d’une superficie de 14.000 km2, d’un Etat arabe, comprenant la Galilée, sur 11.500 km2, ainsi qu’un statut spécial international pour Jérusalem.
Jusqu’au bout, les pays arabes à l’ONU qui réclament la création d’un «Etat palestinien unique, démocratique et indépendant» ont tenté de s’opposer à une partition de la Palestine.
Mais ils se heurtent à une coalition Moscou-Washington, inattendue en ces temps de guerre froide, qui rallie la majorité des deux tiers nécessaire.
La Grande-Bretagne, quant à elle, refuse de participer à la mise en œuvre du plan.
C’est pourtant elle qui a enclenché le processus neuf mois plus tôt, en février 1947, en demandant la convocation d’une session spéciale de l’Assemblée générale sur la Palestine.
Réunie fin avril, l’Assemblée générale nomme une Commission spéciale chargée de faire des propositions.
Après trois mois de travaux, de visites et d’enquêtes en Palestine, la commission— composée de représentants de onze pays — recommande à l’unanimité l’annulation du mandat, et à la majorité le partage. (AFP)


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