Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Les premiers James Bond : des boys scouts

Souvent perçus comme un modèle d’efficacité et de sérieux, les services secrets britanniques sont pourtant nés dans l’improvisation la plus totale avant la première Guerre mondiale, au milieu d’une paranoïa anti-allemande qui a parfois conduit à des excès.

Les débuts souvent désopilants des ancêtres de James Bond sont retracés dans les archives du légendaire MI5, dont une partie vient d’être rendue publique, pour la première fois dans l’histoire des services secrets britanniques.
L’unité pionnière a été créée en 1909. Elle débuta dans un modeste bureau avec trois officiers, une femme de ménage, une secrétaire, très peu de moyens mais déjà une devise: «Ne faites confiance à personne».
L’équipe avait été placée sous la responsabilité d’un obscur militaire, Vernon Kell, connu de ses subordonnés comme le «commandant K», un surnom qui, dit-on, devait plus tard inspirer Ian Fleming lorsqu’il baptisa le supérieur de son héros 007 par la lettre «M» dans ses romans.
Lorsque la guerre éclata, les effectifs n’avaient grimpé qu’à dix personnes. Faute de troupes, le MI5 dût appeler à la rescousse des scouts pour aider à transmettre les messages entre agents ou à porter des colis sensibles. Les jeunes garçons en culotte courte étaient considérés comme des parangons de loyauté et de sérieux.
Las, le commandant K» dut rapidement déchanter et se rabattre sur les mouvements scouts féminins. «Les garçons ont été jugés trop pénibles. Lors de leurs très longues périodes d’inactivité, ils passent leur temps à faire des bêtises», se plaint un rapport de l’époque.

Un atout

En dépit d’une structure quelque peu cahotique, le MI5 disposait un atout de taille: l’amateurisme au moins aussi grand de ses ennemis et en particulier des espions allemands, sa principale cible de l’époque. «Le niveau général des agents recrutés par les Allemands était très faible», souligne Mark Seaman, historien au Musée de la guerre à Londres. «Ils recevaient un rapide entraînement mais la plupart de leurs techniques étaient connues des Britanniques», ajoute-il.
Les archives, qui couvrent la période 1909-1919, racontent comment les espions se faisaient souvent enregistrer sous leur véritable identité à l’hôtel, en n’omettant pas de mentionner leur grade militaire.
Pour transmettre leurs messages, les agents prussiens en étaient souvent réduits à utiliser du jus de citron en guise d’encre sympathique. Un procédé présentant un inconvénient majeur: les suspects interpellés étaient aussitôt confondus au vu de la quantité d’agrumes dissimulés dans leurs poches.
Les mieux équipés imbibaient leurs cravates ou chaussettes de produits chimiques qu’ils récupéraient une fois parvenus en Grande-Bretagne en trempant leurs vêtements dans de l’eau distillée.
La menace de l’espionnage allemand avant la première Guerre mondiale «était toutefois largement exagérée, en partie du fait de romanciers de l’époque qui répandaient la peur d’une invasion imminente dans leurs livres», estime Aidan Lawes, un responsable des Archives nationales, où sont conservés les documents du MI5.
Cette crainte a conduit à des abus. «le moindre garçon de café allemand était perçu comme un espion» souligne M. Seaman. Et avec eux tout ce qui pouvait de près ou de loin ressembler à un étranger.
«Dans les premiers jours de la guerre, lorsque aux yeux de la population rurale toute personne parlant avec un accent étranger (et souvent même écossais) était un espion allemand, le MI5 a reçu des informations assez curieuses», concède une note officielle.
Elle relate comment un paysan s’est présenté en mettant en garde contre un de ses voisins répondant au nom très suspect de «Toe Knee Oh». Après vérification, il ne s’agissait qu’un inoffensif cuisinier italien prénommé «Antonio». (AFP)
Souvent perçus comme un modèle d’efficacité et de sérieux, les services secrets britanniques sont pourtant nés dans l’improvisation la plus totale avant la première Guerre mondiale, au milieu d’une paranoïa anti-allemande qui a parfois conduit à des excès.Les débuts souvent désopilants des ancêtres de James Bond sont retracés dans les archives du légendaire MI5, dont une partie vient d’être rendue publique, pour la première fois dans l’histoire des services secrets britanniques.L’unité pionnière a été créée en 1909. Elle débuta dans un modeste bureau avec trois officiers, une femme de ménage, une secrétaire, très peu de moyens mais déjà une devise: «Ne faites confiance à personne».L’équipe avait été placée sous la responsabilité d’un obscur militaire, Vernon Kell, connu de ses...