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Actualités - Chronologie

Le Rocher de Gibraltar menacé de surpopulation... simiesque

Le Rocher de Gibraltar souffre d’une surpopulation des singes qui vivent depuis toujours sur ses pentes, au point que les autorités locales envisagent des mesures drastiques pour juguler leur expansion.
Plus de deux cents «macaca sylvanus» vivent à Gibraltar, alors que la population idéale devrait se situer, selon les autorités, à une trentaine.
Selon le rapport d’une équipe de spécialistes d’histoire naturelle de l’université de Zurich, qui a passé quatre ans à Gibraltar sous la direction du professeur Bob Martin, cette population de singes est la seule à vivre à l’état sauvage en Europe.
Le rapport de l’équipe suisse, publié ce mois-ci, recommande trois options pour limiter le nombre de singes: l’exportation, le contrôle des naissances ou la «sélection humaine», euphémisme pour désigner leur exécution pure et simple.
Le professeur John Cortes, directeur de la Société d’histoire naturelle de Gibraltar, estime que l’exportation des singes devrait se faire vers le Maroc, dans des régions dont ils sont originaires et d’où ils ont aujourd’hui disparu.
Les implants contraceptifs, selon lui, sont une stratégie chère, difficile à réaliser et peu fiable à trop long terme. Quant à la «sélection humaine», sans doute plus facile, le professeur Cortes n’y est pas favorable pour des raisons... humanitaires.
Selon un rapport de la Société, «il est urgent que des mesures soient prises dès maintenant». «Les conséquences de la présence de quelque 230 singes vivant — et se reproduisant — en liberté sur le Rocher sont lourdes de menaces pour les autres espèces naturelles, pour la population et, en fin de compte, pour les singes eux-mêmes», conclut le rapport.

Les singes et... les Anglais

Il y a bien longtemps, c’est l’armée de sa Gracieuse Majesté, dont le Rocher — 6 km2 à l’extrême-sud de la péninsule ibérique — est une colonie depuis 1713, qui prenait soin de la population de primates.
A l’époque, ils étaient aussi nombreux qu’aujourd’hui et descendaient fréquemment en ville. Les histoires abondent, de l’irruption d’un singe dans le bureau du gouverneur militaire, aux femmes d’officiers agressées, en passant par ce singe surpris dans le lit d’un colonel de l’armée britannique.
En 1915, fut nommé un «officier en charge des singes». Les ordres de l’armée de l’époque stipulaient que «fouets, pierres et coups de feu de semonce doivent systématiquement être utilisés» pour écarter les singes des zones urbaines et les repousser vers les sommets du Rocher.
Les singes ont toujours été associés dans l’imagerie populaire à la présence des Britanniques, au point qu’un adage affirme que «tant qu’il y aura des singes, il y aura des Anglais».
Le nombre de singes est tombé à une poignée durant la Seconde Guerre mondiale. L’adage a alors été pris très au sérieux par Winston Churchill qui a ordonné un repeuplement, par importation de singes d’Afrique du Nord dont ils sont originaires.
Conformément aux ordres de Churchill, le nombre de singes à Gibraltar a été maintenu «à un minimum de 24» jusqu’en 1990, date du transfert de leur responsabilité par les autorités militaires britanniques aux civils.
Depuis, ils ne cessent de se multiplier et recommencent à descendre en ville où la population, malgré une sympathie naturelle à leur égard, commence à s’inquiéter de leur présence intempestive. (AFP)
Le Rocher de Gibraltar souffre d’une surpopulation des singes qui vivent depuis toujours sur ses pentes, au point que les autorités locales envisagent des mesures drastiques pour juguler leur expansion.Plus de deux cents «macaca sylvanus» vivent à Gibraltar, alors que la population idéale devrait se situer, selon les autorités, à une trentaine.Selon le rapport d’une équipe de spécialistes d’histoire naturelle de l’université de Zurich, qui a passé quatre ans à Gibraltar sous la direction du professeur Bob Martin, cette population de singes est la seule à vivre à l’état sauvage en Europe.Le rapport de l’équipe suisse, publié ce mois-ci, recommande trois options pour limiter le nombre de singes: l’exportation, le contrôle des naissances ou la «sélection humaine», euphémisme pour désigner leur exécution...