Le gouvernement français a décidé d’autoriser la mise en culture du maïs transgénique mis au point par la firme suisse Novartis sur le territoire du pays et d’organiser un vaste débat public sur les plantes transgéniques, a annoncé jeudi le ministre de l’Agriculture Louis Le Pensec.
En revanche, le gouvernement a décidé de ne pas autoriser la mise sur le marché des espèces autres que le maïs, comme le colza et la betterave, a ajouté M. Le Pensec lors d’une conférence de presse à Paris à laquelle participaient d’autres ministres du gouvernement, chargés notamment de la Santé et de l’Environnement.
Pour ces espèces, M. Le Pensec a précisé qu’il y aurait un «moratoire» jusqu’à ce que des études scientifiques aient démontré toute absence de risque.
Pour renforcer l’information des citoyens, le gouvernement va organiser une «conférence de consensus» sur les plantes transgéniques, réunissant un panel de citoyens n’ayant aucune connaissance particulière sur le sujet et un panel d’experts. La conférence se tiendra en public et durera trois jours.
Dans l’immédiat, seul le maïs transgénique mis au point par la firme suisse Novartis, résistant à la pyrale, insecte ravageur qui cause des dommages aux récoltes, recevra une autorisation de mise en culture. Ce maïs s’est déjà vu accorder des autorisations d’importation et de consommation.
Le ministre a expliqué la nécessite du «respect du principe de précaution dans tous les cas». Ainsi, l’autorisation de mise en culture n’est accordée que pour les variétés ne présentant pas de risque de dissémination de transgènes dans l’environnement, ni de risques sanitaires pour la consommation.
Pour les plantes présentant des risques environnementaux et/ou sanitaires, cette autorisation n’est donc pas accordée et les recherches sont alors poursuivies pour «maîtriser l’ensemble de ces risques».
L’agrément d’une plante génétiquement modifiée doit s’accompagner d’une période complémentaire de surveillance, avec la possibilité de retrait du marché.
Un suivi environnemental de longue durée sera assuré pour les cultures et les consommateurs seront informés par un étiquetage précis lorsque le produit issu d’une plante génétiquement modifiée n’est pas équivalent à l’aliment traditionnel.
Un dispositif de biovigilance pour les variétés autorisées sera mis en place, afin de suivre les risques éventuels de développement des résistances dans les espèces végétales ou les organismes prédateurs, a indiqué le ministre.
En outre, il a été décidé un renforcement des dispositifs de contrôle des plantes transgéniques, notamment législatifs, qui pourraient être présentés «rapidement au Parlement».
L’évaluation des risques sanitaires liés au développement des plantes modifiées génétiquement sera confiée à la «future Agence de sécurité sanitaire des aliments». (AFP)


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