Fait pratiquement sans précédent depuis la guerre, le ministre des Finances, Hiroshi Mitsuzuka, et le gouverneur de la banque centrale, Yasuo Matsushita, ont publié un communiqué commun dans lequel ils assurent leurs compatriotes qu’il n’y aura plus de faillite fracassante dans l’archipel.
Preuve que la déconfiture de quatre institutions financières — dont deux au cours des trois derniers jours — a fortement ébranlé la confiance, ils soulignent que les épargnants ont commencé à retirer leurs avoirs des banques.
Le gouvernement, soulignent-ils, se tient prêt à alimenter suffisamment le marché en liquidités afin de maintenir la stabilité de son système bancaire.
«Le Mof et la BoJ fourniront les fonds suffisants et sans hésitation afin que les remboursements des dépôts des établissements financiers et autres versements ne soient pas affectés», assurent-ils.
«Nous encourageons vivement le public à ne pas prêter attention aux rumeurs irresponsables et à réagir calmement», poursuivent-ils.
Le ministère et la banque centrale entreprendront tout ce qui est possible pour assurer la stabilité du système financier. Tous les dépôts et investissements seront entièrement protégés et la sécurité assurée dans les transactions entre banques, ajoutent-ils.
Cinq banques dans
le collimateur
Interrogé sur les raisons qui avaient motivé ce communiqué commun extraordinaire, le ministre des Finances a précisé que des «difficultés» étaient apparues au cours de ces derniers jours sur le marché des emprunts à court terme.
Signe de la gravité de la crise, Hiroshi Mitsuzuka a annulé sa participation à une réunion des ministres des Finances d’Asie du Sud-Est prévue début décembre en Malaisie, et son adjoint, Eisuke Sakakibara, surnommé «M. Yen» en raison de son influence sur les marchés des changes, un voyage prévu à Hong Kong le week-end prochain où se tient une réunion de cambistes asiatiques.
«Compte tenu de l’actuelle situation financière, il serait difficile pour le vice-ministre de quitter le pays», souligne un porte-parole du ministère.
Peu avant cet appel au calme, une nouvelle faillite, celle de la banque régionale Tokuyo City Bank, avait été annoncée dans la matinée, 48 heures après le dépôt de bilan de la grande société de courtage Yamaichi Securities.
La Bourse de Tokyo est pourtant repartie à la hausse, anticipant une intervention de l’Etat pour assainir le secteur financier à l’aide de fonds publics. L’indice Nikkei a terminé sur un gain de 1,12%, à 16.045,55 points, après avoir perdu plus de 5% la veille.
Néanmoins, la rumeur de transactions douteuses ou de nouvelles faillites de maisons de courtage et de banques a conduit à de fortes ventes sur les titres du secteur.
Dans ce climat, l’agence de notation américaine Moody’s a annoncé qu’elle envisageait d’abaisser la notation de cinq banques: Long-Term Credit Bank of Japan Ltd, Nippon Credit Ltd, Mitsui Trust & Banking Co Ltd, Yasuda Trust & Banking Ltd et Chuo Trust & Banking Co Ltd. Selon l’agence, les fondamentaux économiques de ces cinq établissements ne sont pas sains.
Le premier ministre, Ryutaro Hashimoto, s’est efforcé lui aussi d’apaiser la tempête en assurant, depuis Vancouver où il assistait au sommet de l’Apec (forum de la coopération Asie-Pacifique) que son gouvernement contrôlait parfaitement la situation. (Reuters)


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