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Actualités - Chronologie

Des fax et des films

Les auteurs, réalisateurs, producteurs français (ARP) ont demandé solennellement la définition d’une «exception culturelle» afin que le cinéma ne soit pas inclus dans l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) actuellement discuté entre les pays de l’OCDE.
«Nous demandons aux gouvernements des Etats membres de l’OCDE, ainsi qu’aux Etats membres de l’Union européenne de définir une «exception culturelle» par référence aux principes et aux limites posés dans le cadre du GATT», a déclaré le président de l’ARP, Claude Miller, en clôturant les 7e Rencontres cinématographiques de Beaune.
L’ARP demande aussi l’exclusion du futur traité AMI des droits de propriété intellectuelle.
Les cinéastes entendent dénoncer «la prétendue «convergence» visant à définir un nouvel ordre à l’échelle mondiale incluant des secteurs aussi divers que l’audiovisuel, la publicité, l’édition, les contenus informatiques», estimant qu’«un fax et un film ne sont pas la même chose».
Lancées il y a deux ans, les négociations AMI visent à protéger les investissements des pays membres de toute forme de discrimination.
«Si une caisse de pommes de terre et une caisse de livres sont transportées sur le même train, on ne peut dire que c’est le même produit», a dit pour sa part l’Italienne Luciana Castellina, qui préside la commission des relations économiques extérieures au Parlement européen.
La difficulté sera de bien définir ce qu’on considère comme «bien culturel», a estimé Yvon Thiec, délégué général d’Eurocinéma. Le Britannique Robert Madelin de la Commission européenne s’est quant à lui déclaré optimiste sur l’issue de la négociation à l’OCDE.
L’obtention de la notion d’exception culturelle lors des négociations du GATT de 1993 a montré que «l’Europe peut être solidaire face à la pression américaine», a-t-il affirmé soulignant qu’il s’agissait là d’un «acquis».
Pour Francis Brun-Buisson, chef du Service juridique et technique de l’information et de la communication (SJTI), «l’enjeu est de savoir si la libéralisation des télécommunications s’appliquera aux contenus». «Ce n’est pas une négociation mais une bagarre», a-t-il dit.
Il a estimé que le moyen de transport ou de diffusion importait peu. En revanche, il faut établir la distinction entre ce qui constitue une «correspondance privée» et «ce qui relève d’une création destinée au public», a-t-il suggéré.
Pour le Canadien Jean-Pierre Juneau, ambassadeur auprès de l’Union européenne, «si les industries culturelles ne sont pas couvertes par le GATT, elles ne devraient pas l’être par l’AMI, c’est un secteur important pour l’économie mais plus encore pour notre société», a-t-il estimé.
Enfin les cinéastes se sont déclarés inquiets des phénomènes de concentration dans l’industrie cinématographique et audiovisuelle et les risques d’appauvrissement de la création qui en découlent. (AFP)
Les auteurs, réalisateurs, producteurs français (ARP) ont demandé solennellement la définition d’une «exception culturelle» afin que le cinéma ne soit pas inclus dans l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) actuellement discuté entre les pays de l’OCDE.«Nous demandons aux gouvernements des Etats membres de l’OCDE, ainsi qu’aux Etats membres de l’Union européenne de définir une «exception culturelle» par référence aux principes et aux limites posés dans le cadre du GATT», a déclaré le président de l’ARP, Claude Miller, en clôturant les 7e Rencontres cinématographiques de Beaune.L’ARP demande aussi l’exclusion du futur traité AMI des droits de propriété intellectuelle.Les cinéastes entendent dénoncer «la prétendue «convergence» visant à définir un nouvel ordre à l’échelle...