Quelque 150 auteurs ont participé à ce festival du neuvième art, parmi les plus représentatifs de la BD — principalement franco-belge — et autant de journalistes, d’éditeurs, de libraires.
Ce festival, dénommé «Quai des bulles», aura été l’occasion de présenter une douzaine d’expositions scénarisées montrant les diverses tendances de ce qui se fait aujourd’hui sur papier traditionnel comme sur Internet et offrant au public (20.000 visiteurs attendus) des milliers et des milliers d’albums tout couleurs.
Joël et Gilles, sont venus du Gabon pour présenter «BD Boom», un petit bimestriel dont le premier numéro vient de sortir en octobre: 25 pages de dessins d’humour et d’histoires de la vie quotidienne par de jeunes bédéistes qui se lancent tout juste dans l’aventure et qui viennent d’inaugurer le premier magazine BD du Gabon et même, disent-ils, de l’Afrique francophone.
Ils étaient sur le «Quai des bulles» invités par le Centre culturel français Saint-Exupery de Libreville qui a permis d’ailleurs à «BD Boom» d’exister. En 1996, le centre a lancé un concours de BD: Joël, Gilles et dix autres ont gagné un stage-atelier de quinze jours avec deux auteurs français, Jano et Jean-Luc Fromental, les réalisateurs du «Pygmée Géant», une BD en forme de conte africain traditionnel revisité humour parigot, et... c’est parti.
Un an plus tard, les douze avaient formé une association et sortaient le magazine (3.000 exemplaires) avec Joël en directeur de la publication et Gilles en dessinateur vedette de «une», première tentative de «faire boom et exploser la BD dans un pays où les dessinateurs ne font pas défaut mais qui manque totalement encore de débouchés pour leur talent: juste un peu d’illustrations, de dessins de presse par ci par là», comme dit Joël.
Joël et Gilles sont pourtant tombés dans la BD quand ils étaient tout petits. A 6 ans, Joël a appris à lire parce qu’il voulait comprendre les aventures de «Buck Danny» et, au même âge, Gilles a commencé à dessiner pour offrir ses œuvres et ainsi conquérir l’amour d’une petite fille. Depuis, ils n’ont pas arrêté. Maintenant, à 22 ans, Joël est stagiaire au Centre national du cinéma de Libreville et Gilles, 21 ans, poursuit ses études mais ils veulent prersévérer dans la BD, faire connaître «BD Boom», se faire connaitre au-delà des frontières. «Le Gabon est un petit pays, 1,5 million d’habitants, mais un bon tiers n’est pas gabonais de souche, venant du Mali, du Sénégal, du Cameroun, du Béni, du Togo... alors, pourquoi pas en profiter et essaimer», disent-ils.
Le festival terminé, ils sont attendus à Paris pour montrer leur production chez Bayard presse, l’éditeur de toute une série de magazines pour jeunes, dont «Planète Jeune», une publication pour ados diffusée en Afrique. (AFP)


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