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Actualités - Chronologie

L'Europe présentera la proposition la plus ambitieuse



L’Union européenne veut faire figure de leader à la conférence de Kyoto en y présentant les objectifs les plus ambitieux de réduction de gaz à effet de serre de toute la planète.
Les Etats membres de l’UE proposent d’ici 2010 une réduction de 15% des émissions des trois principaux gaz nocifs: CO2 dioxyde de carbone, CH4 méthane et N 20 protoxyde d’azote en partant de leur niveau d’émission de 1990.
Cette réduction est à réaliser individuellement ou conjointement par les 165 pays signataires de la Convention de Rio (1992) sur le changement climatique.
Pour marquer sa bonne volonté, l’UE a proposé, pour elle, un objectif intermédiaire d’une réduction d’au moins 7,5% dès 2005.
«Ces objectifs ne sont pas le fruit de rêves loufoques, comme le suggèrent certaines critiques», a souligné le Commissaire européen à l’environnement, la Danoise Ritt Bjerregaard.
«Ils ont été acceptés au plus haut niveau politique par nécessité environnementale et sur la base d’études montrant que ces objectifs sont techniquement possibles, économiquement gérables et politiquement réalisables à condition que les autres nations industrialisées s’engagent à en faire autant», a-t-elle ajouté.
Dès mars 1997, les ministres européens de l’Environnement publiaient, les premiers, leurs objectifs chiffrés pour Kyoto. Chaque pays s’engageait individuellement à apporter sa contribution à l’objectif commun.
Partant d’un degré de pollution variable selon le niveau de développement économique du pays, les Quinze s’étaient répartis les efforts entre gros pollueurs appelés à réduire plus (- 25% pour l’Allemagne) et pays moins développés autorisés à augmenter encore leurs émissions (+ 40% pour le Portugal).
La France, grâce à son option électricité nucléaire, pouvait même se contenter d’une stabilisation de ses émissions d’ici 2010.
Toutefois, l’addition de ces efforts individuels ne permettrait qu’une réduction de 10% des émissions de l’UE. Il restera à répartir les 5% supplémentaires prévus par l’UE pour Kyoto.

«Bulle européenne

Baptisée «bulle européenne», cette répartition des charges est applicable à tous les signataires de la Convention climat, estiment les Européens, en y incluant la responsabilité collective et individuelle des pays membres d’une telle «bulle» en cas d’échec.
Le coût de réalisation de cet objectif ambitieux reste modeste, selon les experts de la Commission européenne:15 à 35 milliards d’écus (16,5 à 38,5 milliards USD) par an, soit une somme représentant entre 0,2% et 0,4% du Produit Intérieur Brut (PIB) de l’UE estimé pour 2010.
«C’est pas cher payer pour protéger la planète», a lancé Mme Bjerregaard.
Les réductions d’émissions sont réalisables tant dans les transports que l’industrie ou l’énergie, accompagnées d’incitations fiscales.
Par ailleurs, selon les mesures envisagées, l’impact macro-économique des réductions sur le PIB ira de plus 1% à moins 1,5%, d’après la Commission.
«Irréaliste», ont rétorqué les industriels au sein de la Confédération UNICE. «Les objectifs sont trop ambitieux et coûteux, les délais trop courts, tout ce qu’on risque c’est la distorsion de concurrence si on se lance là-dedans unilatéralement avec de nouvelles délocalisations d’entreprises à la clé», a averti Klaus Kohlhase, conseiller environnemental de l’UNICE.
«Kyoto doit mettre en place une stratégie véritablement mondiale», avec des engagements des pays en voie de développement, réclame le mémorandum de l’UNICE.
«On ne peut décemment pas demander des réductions importantes à ces pays alors que leurs émissions resteront largement en-dessous de celles des pays industrialisés en 2010», a répondu Mme Bjerregaard, une position diamétralement opposée à celle des Etats-Unis.
Pour les écologistes européens, en particulier le WWF, la position de l’UE reste trop «frileuse». Ils exigent un calendrier plus serré pour éviter des cataclysmes climatiques dès le début du prochain millénaire. (AFP)
L’Union européenne veut faire figure de leader à la conférence de Kyoto en y présentant les objectifs les plus ambitieux de réduction de gaz à effet de serre de toute la planète.Les Etats membres de l’UE proposent d’ici 2010 une réduction de 15% des émissions des trois principaux gaz nocifs: CO2 dioxyde de carbone, CH4 méthane et N 20 protoxyde d’azote en partant de leur niveau d’émission de 1990.Cette réduction est à réaliser individuellement ou conjointement par les 165 pays signataires de la Convention de Rio (1992) sur le changement climatique.Pour marquer sa bonne volonté, l’UE a proposé, pour elle, un objectif intermédiaire d’une réduction d’au moins 7,5% dès 2005.«Ces objectifs ne sont pas le fruit de rêves loufoques, comme le suggèrent certaines critiques», a souligné le Commissaire...