Le président Boris Eltsine a assuré mardi qu’il ne laisserait «pas tomber» le premier vice-premier ministre Anatoli Tchoubaïs, privé la semaine dernière de son portefeuille des Finances à la suite d’un scandale, a rapporté l’agence Interfax.
«Je ne laisserai pas tomber Tchoubaïs. La décision est prise. Anatoli Borissovitch (Tchoubaïs) en est d’accord», a déclaré M. Eltsine, soulignant le rôle du jeune réformateur dans le développement économique du pays.
Evoquant le «scandale du livre» (M. Tchoubaïs a perçu 90.000 dollars d’honoraires pour un livre pas encore paru), M. Eltsine a déclaré, juste avant de recevoir au Kremlin M. Tchoubaïs: «Ce n’est pas illégal, cela ne tombe pas sous le coup du code pénal, c’est un problème éthique et moral».
Les détracteurs de M. Tchoubaïs l’accusent d’avoir en fait reçu des pots-de-vin déguisés sous forme d’honoraires, versés par le puissant groupe financier Onexim qui avait remporté l’été dernier les appels d’offres dans le cadre de deux privatisations majeures.
Le président a ajouté que M. Tchoubaïs avait bien fait de rester au gouvernement. «En 1998, il nous faut renforcer l’économie, pour nous caler solidement sur nos jambes, et alors nous recevrons des investissements», a ajouté le chef de l’Etat, qui estime que la situation du pays n’a jamais été aussi favorable dans toute l’histoire de la Russie ou de l’URSS.
Les analystes s’interrogeaient, après la crise politique qui a secoué Moscou ces deux dernières semaines, sur l’influence réelle dont disposerait à l’avenir M. Tchoubaïs, qui reste formellement numéro deux du gouvernement, bien qu’il ait été affaibli politiquement par le scandale.
Certains experts craignaient qu’un limogeage de M. Tchoubaïs, symbole de la politique libérale en Russie, n’entame la confiance des marchés et des bailleurs de fonds internationaux. Même si le premier ministre Viktor Tchernomyrdine et le président Eltsine ont souligné, l’un et l’autre, que la politique de réformes libérales était trop importante pour dépendre de questions personnelles.
M. Eltsine a infligé, par ailleurs, une nouvelle volée de bois vert à l’équipe au pouvoir: «J’ai de nombreux griefs contre le gouvernement, notamment en matière de relations économiques extérieures», a-t-il dit. (AFP)


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