Une récente épidémie de tuberculose qui a frappé une tribu d’Indiens d’Amazonie suggère que le système immunitaire humain s’est considérablement renforcé au fil des siècles, indique une étude à paraître aujourd’hui dans les «Proceedings of the National Academy of Sciences».
Isolée du reste du monde depuis des siècles, dans un recoin isolé de la forêt amazonienne, la tribu des Yanomami s’est récemment retrouvée confrontée à une brutale épidémie de tuberculose véhiculée par les 30 à 40.000 mineurs brésiliens attirés sur son territoire au début des années 1980 par la découverte d’or.
Appelés à la rescousse, des épidémiologistes américains, français et brésiliens ont constaté que, malgré une large campagne de vaccination trois ans auparavant, les cas de tuberculose active frappaient 6,4% de la population, un niveau anormalement élevé.
Ces Indiens exposés pour la première fois au bacille de Koch ont fait preuve d’une très faible riposte immunitaire comparée à celles observées sur les populations d’origine européenne vivant dans la même région, dont les ancêtres ont été touchés de longue date par la maladie, relèvent les auteurs de l’étude.
Si leurs anticorps se sont multipliés dans des proportions tout à fait considérables, leur système immunitaire a fait preuve d’une inefficacité étonnante, ajoutent-ils. «Ces résultats suggèrent que la tuberculose a pu constituer un puissant outil de sélection qui, au cours des siècles, a façonné la nature de la réponse immunitaire de l’Homme à l’infection», écrivent les épidémiologistes.
Selon eux, la tuberculose pourrait même avoir modifié le génome humain au fil des épidémies, ne laissant subsister que les populations ayant développé la plus forte réponse immunitaire. (AFP)


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