Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le remplacement de Tchoubaïs par Zadornov bien accueilli par les marchés

Les milieux financiers russes, qui s’attendaient à un remaniement gouvernemental, ont accueilli avec calme le remplacement d’Anatoli Tchoubaïs au ministère des Finances par le réformateur Mikhaël Zadornov, jugé très compétent.
«La réaction à la nomination de M. Zadornov a été globalement positive», ont estimé les acteurs du marché financier.
Les grandes valeurs du marché ont légèrement progressé à l’annonce de la nouvelle, selon Tom Brackenbury, courtier à Rinako plus, tandis que pour Gavin Rankin, analyste économique à la maison de courtage Troïka Dialog, «il n’y a pas eu de réaction».
«Les marchés financiers avaient énormément anticipé, et s’attendaient à un changement à la tête du ministère des Finances», explique M. Brackenbury.
M. Tchoubaïs avait offert samedi sa démission au président Boris Eltsine qui l’avait refusée avant de le limoger jeudi des Finances.
Le «père des privatisations» honni des communistes et des nationalistes, majoritaires à la Douma (chambre basse du Parlement), est accusé d’avoir reçu les honoraires mirobolants de 90.000 dollars pour la rédaction d’un livre sur les privatisations russes.
Ces honoraires sont soupçonnés d’être des pots-de-vin déguisés, versés par le groupe financier Onexim Bank — qui contrôle la maison d’édition — et qui avait remporté cet été les appels d’offres de plusieurs grandes privatisations.
Dès mardi soir étaient apparues les premières rumeurs sur une nomination de M. Zadornov.
«Les marchés savaient (que le remplaçant de M. Tchoubaïs) serait un candidat qualifié qui ne bouleverserait pas» la politique de réforme du gouvernement, poursuit M. Rankin.
M. Zadornov, 34 ans, député depuis 1993 du parti réformateur d’opposition Iabloko et président de la commission budgétaire à la Douma depuis 1994, bénéficie d’une sérieuse réputation de technocrate. «Il sait de quoi il parle», affirment tous les experts.

Un programme
de 500 jours

Le nouveau ministre des Finances, qui avait participé en 1990 à la rédaction du programme de libéralisation économique dit «des 500 jours» de Grigori Iavlinski, l’actuel chef de Iabloko, est aussi connu pour son libéralisme, et sans aucun doute poursuivra les réformes, même si l’on ignorait jeudi quelles mesures il serait à même de prendre.
Sa première tâche sera de faire adopter par les députés le projet de budget 1998, estimé trop rigoureux par la majorité parlementaire, mais jugé vital par les économistes. Le texte, rejeté en première lecture le 9 octobre dernier, a depuis été amendé par une commission de conciliation.
M. Zadornov devra également faire passer un nouveau code fiscal et améliorer la collecte des impôts, condition indispensable à une reprise des versements par le Fonds monétaire international (FMI) du prêt de 10 milliards de dollars en cours. Début octobre, les recettes avaient atteint à peine 52% des prévisions budgétaires.
Capable de compromis, il devra gérer la cohabitation avec M. Tchoubaïs. Mais les deux hommes devraient «faire une bonne équipe», selon un économiste occidental.
«Tchoubaïs, à la fois premier vice-premier ministre et ministre des Finances, n’avait pas vraiment le temps de s’occuper des Finances et déléguait les dossiers à ses adjoints. Le ministère risque donc à présent d’être mieux contrôlé», a estimé cet économiste.
Les milieux financiers apaisés, il reste maintemant à rassurer complètement les marchés internationaux, pour qui M. Tchoubaïs représente un important indicateur de stabilité.
«Il faudra (que M. Zadornov) obtienne dans les prochaines semaines des résultats tangibles, notamment sur le budget», a poursuivi cet expert. (AFP)
Les milieux financiers russes, qui s’attendaient à un remaniement gouvernemental, ont accueilli avec calme le remplacement d’Anatoli Tchoubaïs au ministère des Finances par le réformateur Mikhaël Zadornov, jugé très compétent.«La réaction à la nomination de M. Zadornov a été globalement positive», ont estimé les acteurs du marché financier.Les grandes valeurs du marché ont légèrement progressé à l’annonce de la nouvelle, selon Tom Brackenbury, courtier à Rinako plus, tandis que pour Gavin Rankin, analyste économique à la maison de courtage Troïka Dialog, «il n’y a pas eu de réaction».«Les marchés financiers avaient énormément anticipé, et s’attendaient à un changement à la tête du ministère des Finances», explique M. Brackenbury.M. Tchoubaïs avait offert samedi sa démission au...