La clé dans la survie du président irakien, qui a fêté ses 60 ans le 28 avril dernier, est un extraordinaire système répressif. Les services de sécurité, noyautés par ses proches, surveillent la population et l’armée, et s’espionnent mutuellement.
La délation est encouragée. Les familles doivent renier leurs membres passés dans l’opposition. Souvent elles payent pour la «trahison» des leurs.
A en croire les opposants en exil, le président a des doubles qui prennent sa place pour les rares apparitions publiques. Ces affirmations font ricaner Saddam Hussein. Après avoir traversé le Tigre à la nage en octobre, il a affirmé que c’était «bien lui et non son double», parce que l’autre n’est pas aussi bon nageur.
Né dans une famille de paysans sunnites à Awja, près de Takrit (150 kilomètres au nord de Bagdad), Saddam Hussein perd son père tout jeune et est élevé par son oncle maternel, Khairallah Toulfah.
Il adhère en 1957 au Baas, le Parti socialiste de la renaissance arabe, et participe en 1959 à une tentative d’assassinat du général Abdel Karim Kassem qui avait renversé la monarchie un an plus tôt. Blessé à la jambe et condamné à mort par contumace, il fuit en Syrie puis en Egypte.
Lorsque le parti Baas prend le pouvoir en 1968, Saddam Hussein devient le numéro deux du régime sous le président Ahmed Hassan el-Bakr.
Saddam Hussein entreprend de «baassiser» l’armée, et commence à purger la scène politique, se débarrassant des opposants kurdes, des communistes, et ensuite de ses rivaux à l’intérieur du parti.
Il dénonce régulièrement des complots et échappera à plusieurs attentats dans les années 80.
Lorsque le général Bakr démissionne, officiellement pour raison de santé, la voie est libre pour Saddam Hussein, qui devient président le 16 juillet 1979.
Des centaines de
milliers de morts
Il entreprend alors de faire de l’Irak une puissance régionale, et pousse le culte de la personnalité à l’extrême. Ses portraits et ses statues sont partout.
Redoutant l’impact de la révolution islamique en Iran sur les chiites, majoritaires en Irak, il envahit le territoire iranien en 1980 après des incidents frontaliers. Il affirme défendre «le flanc oriental de la nation arabe contre les Perses».
Mais Saddam Hussein ne parvient à arracher un cessez-le-feu en 1988 à l’ayatollah Khomeiny que grâce à un appui militaire occidental, français notamment, financé par les monarchies pétrolières arabes.
L’Irak sort de ces huit ans de guerre épuisé, avec des centaines de milliers de morts et des dizaines de milliards de dollars de dettes et demande en vain à ses riches voisins du Golfe de financer la reconstruction du pays.
Le 2 août 1990, Saddam Hussein lance son armée contre le Koweit. L’ONU décrète immédiatement un embargo et, fin février 1991, une coalition dirigée par les Etats-Unis chasse ses troupes du Koweit.
Après la défaite, chiites et kurdes se soulèvent, il les réprime dans le sang.
La condition posée en 1991 par l’ONU pour lever l’embargo pétrolier qui prive le gouvernement de 90% de ses revenus en devises est l’élimination de l’arsenal nucléaire, biologique et chimique, et des missiles de longue portée.
Mais malgré sept ans d’inspections, l’ONU n’est toujours pas en mesure d’affirmer que l’Irak ne dispose plus d’armes chimiques et biologiques.
Après être revenu sur l’expulsion des inspecteurs américains qui recherchent ces armes, l’Irak compte sur le soutien de la Russie pour relever le carcan qui l’étrangle. (AFP)


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