Le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz est un fidèle messager du président Saddam Hussein plus qu’un diplomate habilité à prendre des décisions.
Vice-premier ministre depuis 1991 — le chef du gouvernement est M. Saddam Hussein — après avoir dirigé la diplomatie irakienne pendant huit ans, M. Aziz est en charge du dossier épineux des relations avec l’ONU.
Pendant la crise du Golfe (août 1990-février 1991), il a été le principal porte-parole de Saddam Hussein à l’étranger. Alors ministre des Affaires étrangères, il avait rencontré notamment le secrétaire d’Etat américain James Baker à Genève en janvier 1991 lors des entretiens de la dernière chance qui n’avaient pu empêcher la guerre du Golfe d’éclater.
M. Primakov a décrit récemment M. Aziz comme «un facteur pour transmettre les messages, qui ne peut pas prendre de décisions tout seul».
Le cheveu poivre et sel, la moustache triste, le regard caché sous d’épaisses lunettes, Tarek Aziz, 61 ans, donne une image plus rassurante du régime irakien.
«Il dit des choses raisonnables», a reconnu la semaine dernière l’ambassadeur américain aux Nations Unies Bill Richardson.
Ses bonnes manières et son anglais correct séduisent et sa connaissance des arcanes diplomatiques est appréciée.
Né en 1936 dans une modeste famille chrétienne assyrienne de la région de Mossoul (nord), Tarek Hanna Aziz est un compagnon de la première heure de Saddam Hussein, qu’il connaît depuis la fin des années 50.
Diplômé d’anglais de l’Université de Bagdad, il devient très tôt un militant clandestin du parti Baas irakien, dont il prend en main l’organisation et la propagande. Après l’arrivée au pouvoir du Baas en 1968, il dirige le quotidien du parti, «al-Thaoura», puis devient ministre de l’Information de 1974 à 1977.
Comme tous les militants baassistes, il est entraîné au combat. C’est ce qui lui permit d’avoir la vie sauve lorsqu’une grenade fut lancée dans sa direction à l’Université de Bagdad, le 1er avril 1980. Plusieurs personnes avaient été tuées et une dizaine d’autres blessées dans l’attentat. Le dirigeant irakien, qui s’était jeté au sol, n’avait souffert que d’une fracture au bras et de blessures légères.
Nommé en 1983 ministre des Affaires étrangères, il sera à ce poste l’interprète fidèle de la politique de Bagdad. Il a notamment représenté son pays en août 1988 pour les premières négociations de paix avec l’Iran, sous l’égide de l’ONU.
Il est un des rares membres du Conseil de commandement de la révolution (CCR), la plus haute instance dirigeante en Irak, à ne pas être musulman sunnite, ni originaire de la ville de Takrit, fief de Saddam Hussein.(AFP)


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