Professeur au Drama Club du LAU, Ziad Abou Absi a choisi pour sa deuxième adaptation shakespearienne «Twelfth Night» (La Nuit des Rois), une comédie de 1600 qu’il transpose au XIXe siècle. Un naufrage sépare deux jumeaux. Persuadée que son frère est mort, Viola, travestie en petit page, entre au service du duc Orsino, qui est amoureux de la noble Olivia. Viola sert de go-between et Olivia s’éprend de ce page gracile, qui ne laisse d’ailleurs pas Orsino indifférent... Cette comédie du quiproquo et de l’ambiguïté sexuelle, puisant ses thèmes aux sources antiques, n’est certes pas ce que Shakespeare a fait de mieux. On s’égare dans la multiplicité des personnages et des intrigues; l’académisme de la mise en scène, la rigidité de certains comédiens et aussi le sentiment de frustration qu’induit l’accent difficilement compréhensible des acteurs ne poussent pas à l’enthousiasme. Cependant, les costumes sont somptueux et l’on finit par se laisser emporter par un dénouement malicieux et séduire par certains personnages comme le fou Feste (Mohammed Shreif) ou la pétillante Viola (Zeina Khaouli). Et l’on se prend à rêver d’une pièce où les acteurs virevolteraient orchestrant un tourbillon visuel qui enchanterait un public ravi de découvrir Shakespeare sous des dehors cocasses, voire burlesques. Dans cette interprétation , les personnages bougent avec prudence . C’est d’ailleurs le délire qui fait défaut ici. Les comédiens, qui ont du talent, demeurent trop sages. Trop statique, la mise en scène se situe dans le champ de l’anecdote . Dommage. Abou Absi nous avait habitués à plus d’éclat. Reste un spectacle tendance «village people» plutôt sympathique. Ouf! Un message de Shakespeare pour finir: «Mes ennemis me font progresser; ce sont mes amis qui m’entretiennent dans l’ignorance».
Professeur au Drama Club du LAU, Ziad Abou Absi a choisi pour sa deuxième adaptation shakespearienne «Twelfth Night» (La Nuit des Rois), une comédie de 1600 qu’il transpose au XIXe siècle. Un naufrage sépare deux jumeaux. Persuadée que son frère est mort, Viola, travestie en petit page, entre au service du duc Orsino, qui est amoureux de la noble Olivia. Viola sert de go-between et Olivia s’éprend de ce page gracile, qui ne laisse d’ailleurs pas Orsino indifférent...Cette comédie du quiproquo et de l’ambiguïté sexuelle, puisant ses thèmes aux sources antiques, n’est certes pas ce que Shakespeare a fait de mieux. On s’égare dans la multiplicité des personnages et des intrigues; l’académisme de la mise en scène, la rigidité de certains comédiens et aussi le sentiment de frustration qu’induit l’accent...
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