«La différence entre la télévision interactive et Internet est la différence entre un marché de masse et un marché de niche. C’est la différence entre les «Mister Gates» et les «Mister Smith». Et les fabricants visent la clientèle des «Mister Smith», a-t-il déclaré en marge d’une conférence de presse. «Notre objectif, c’est l’ensemble de la population, pas les internautes ou les passionnés d’informatique», a-t-il ajouté.
L’atout de la télévision interactive face à Internet est sa simplicité d’utilisation via la télécommande, a-t-il souligné lors de la conférence, en notant que la moitié des utilisateurs de TPS se connectaient tous les jours sur le service de météo interactif.
Actuellement, le principal frein au développement de la télévision interactive est le coût des décodeurs, a souligné pour sa part Jan Steenkamp, PDG d’Open TV, société de logiciels destinés à la télévision interactive.
Mais il a estimé que ce frein serait progressivement levé avec l’émergence inévitable de la télévision numérique qui offre des avantages en termes de capacités et de coût de diffusion.
«Le passage à la télévision numérique prendra cinq, dix ou quinze ans mais à terme, tout le monde adoptera la télévision numérique. Tous les gens qui regardent la télévision actuellement auront soit un téléviseur numérique, soit un décodeur numérique. C’est un très grand marché qui émerge», a-t-il prédit.
Opposition
Le nombre de décodeurs numériques équipés des logiciels Open TV, dans le monde, est actuellement compris entre 500.000 et 750.000 unités et devrait atteindre 10 millions en l’an 2000, a-t-il dit.
Interrogé sur la mise en place éventuelle d’un standard unique dans le domaine des décodeurs numériques, Jan Steenkamp a jugé que le marché n’était pas encore assez mûr.
«Il faut du temps pour définir un standard. Ce nouveau produit doit se stabiliser. Nous n’en sommes encore qu’à la deuxième année d’application des services télévisés interactifs», a affirmé Jan Steenkamp sans exclure toutefois des négociations à ce sujet avec son principal concurrent, Canal+ et sa technologie Media Highway.
Jan Steenkamp ne croit pas non plus à un rapprochement entre les décodeurs numériques et les ordinateurs de réseaux (network computers) car ils répondent, selon lui, à une demande de services différents.
Pour de nombreux observateurs, l’opposition entre ces différentes technologies est sans objet, compte tenu de leur convergence croissante. A terme, Monsieur Tout-le-Monde aura accès aux services multimédias à partir d’une seule et même machine, qu’elle soit issue du décodeur télévisé, du téléphone Internet (Web phone) ou encore de l’ordinateur de réseau, font-ils valoir.
TPS offre actuellement, en sus des chaînes de télévisions numériques, plusieurs services interactifs basés sur la technologie Open TV dont une galerie marchande virtuelle, un programme météorologique, Météo express et un programme sur la coupe d’Europe de football.
Open TV, autrefois dénommée Thomson Sun Interactive, est détenue à 44% par le Sud-Africain Myriad International Holding. (Reuters)


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