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Actualités - Chronologie

Les affreux se modernisent


Les mercenaires, longtemps appelés les «affreux» et connus comme de redoutables baroudeurs sans foi ni loi, sont de plus en plus remplacés par des compagnies ayant pignon sur rue et proposant leurs services ou conseils dans le domaine militaire à de nombreux pays.
«Plutôt que (de regrouper) des canailles d’aventuriers organisées en bandes (…) ou des individus recrutés clandestinement par les gouvernements pour accomplir des opérations secrètes précises, une firme de mercenaires moderne est de plus en plus une société à part entière», écrit David Isenberg dans un rapport publié pour le compte du Center for Defense Information, un organisme indépendant d’analyses dans le domaine militaire et basé à Washington.
«Au lieu de s’organiser secrètement, ajoute l’auteur, (ces sociétés) opèrent aujourd’hui depuis des bureaux, ont du personnel chargé des relations publiques, des sites sur Internet, et proposent des brochures de marketing».
Military Professional Resources Incorporated (MPRI) est l’une de ces compagnies. Située à Alexandria (Virginie), dans la banlieue de Washington, et forte de plus de 350 employés, elle a recours aux compétences de nombreux anciens officiers de l’armée américaine, dont des généraux.
Le vice-président de MPRI, le lieutenant-général à la retraite Edward Soyster, expose lors d’une conférence de presse comment le ministère croate de la Défense demanda à sa société, en 1994, de former son armée en période de transition vers la démocratie de façon à ce qu’elle puisse aspirer un jour à l’OTAN. Les Croates, explique sans détour le militaire, «ont franchi le pas et ont dit: nous ne savons pas faire cela car ce n’est pas dans notre tradition».
Selon David Isenberg, le Pentagone lui-même avait mis en contact les Croates avec MPRI et le département d’Etat avait donné son feu vert après s’être assuré que le contrat conclu par la société ne violait pas des engagements internationaux des Etats-Unis.

Critiques

L’accord conclu par MPRI avec les autorités de Zagreb vaudra toutefois de sévères critiques à la société américaine, après l’attaque en août 1995 des forces croates en Krajina, une région jusque-là contrôlée par les Serbes. MPRI assure cependant n’avoir contribué en rien à la préparation de cette offensive.
La société contribue aussi depuis 1996 au programme «Train and Equip» (Entraîner et Equiper) établi par les Américains pour équilibrer sur le plan militaire les forces bosniaques musulmanes et croates d’un côté avec les Serbes bosniaques de l’autre.
MPRI a enfin assuré, pour le compte du département d’Etat, l’acheminement de produits alimentaires et médicaux vers le pays issus de l’ex-Union Soviétique.
Les Etats, souligne David Isenberg, ont de plus en plus recours aux services de sociétés telles que MPRI et y trouvent de nombreux avantages. L’Angola comprend ainsi, pour lui tout seul, 80 forces de sécurité privées, les autorités de Luanda exigeant que les compagnies pétrolières et minières assurent leur propre protection.
Une compagnie basée en Afrique du Sud, Executives Outcomes, est également particulièrement active en Afrique. Elle a conclu un contrat en 1992 avec les compagnies pétrolières Chevron et Sonangol, pour protéger leurs installations de Soyo, en Angola.
Si les compagnies américaines de services et conseils paramilitaires doivent obtenir une autorisation du département d’Etat pour travailler à l’étranger, l’aval du Congrès n’est pas nécessaire.
«Les firmes militaires privées pourraient être un moyen efficace pour une administration d’intervenir dans une région sans avoir en fait à engager les «forces américaines», écrit David Isenberg.
Pour l’auteur, «la tendance globale vers la privatisation et la répugnance des pays développés à intervenir dans des régions troublées» assurent de beaux jours aux «mercenaires» de la nouvelle génération. (AFP)
Les mercenaires, longtemps appelés les «affreux» et connus comme de redoutables baroudeurs sans foi ni loi, sont de plus en plus remplacés par des compagnies ayant pignon sur rue et proposant leurs services ou conseils dans le domaine militaire à de nombreux pays.«Plutôt que (de regrouper) des canailles d’aventuriers organisées en bandes (…) ou des individus recrutés clandestinement par les gouvernements pour accomplir des opérations secrètes précises, une firme de mercenaires moderne est de plus en plus une société à part entière», écrit David Isenberg dans un rapport publié pour le compte du Center for Defense Information, un organisme indépendant d’analyses dans le domaine militaire et basé à Washington.«Au lieu de s’organiser secrètement, ajoute l’auteur, (ces sociétés) opèrent aujourd’hui...