Premier du genre à ouvrir en France, le musée de l’érotisme présente à Paris quelque 1.200 pièces de collection et objets d’art, qui ont cependant attiré un public moins nombreux que prévu au terme d’une première semaine d’activité.
Ouvert le 7 novembre, cet établissement, situé au cœur du quartier de Pigalle, se veut une «galerie géante» présentant les objets d’art rassemblés depuis des années par trois collectionneurs d’art érotique.
«Nous avons une démarche de chineurs plus que de muséographes», d’historiens ou d’ethnologues, explique l’un d’eux, le directeur du musée, Joseph Khalifa.
Ici pas de pièces antiques, pas de ceintures de chasteté du Moyen Age ou d’ustensiles sadomasochistes du 18e siècle, contrairement aux musées de Barcelone ou de Berlin, le plus grand du monde.
«Après les visites de ces musées, nous avons plutôt choisi de proposer une compilation de l’art érotique, de mettre en valeur son côté universel», poursuit M. Khalifa. Selon lui, il s’agit de «témoigner de la fascination que l’érotisme a exercée sur les artistes depuis la nuit des temps».
Peintures, photos et surtout sculptures sont réparties sur cinq étages —deux classiques, deux modernes, un humoristique — mélangeant les cultures et les périodes: poupées ivoiriennes employées pour le désenvoûtement au début du 20e siècle, répliques de bas-relief népalais voisinent avec des statues contemporaines à têtes de phallus ou des terre-cuite aztèques symbolisant l’homosexualité.
Plus loin, de petits tableaux du 18e siècle s’en prennent aux autorités catholiques, tandis qu’au dernier étage, un artiste contemporain rend un impertinent «hommage à Baden Powell», le père du scoutisme.
L’établissement de Pigalle espère attirer un public friand d’art qui, en transit vers Montmartre, ne savait pas quoi faire sur les boulevards.
«Nous n’avons pas la même cible que les commerces voisins, mais il est clair qu’en nous établissant ici, nous visons un public très large», indique M. Khalifa.
Au bout d’une semaine d’activité, la fréquentation s’est révélée deux fois moins importante que celle espérée, avec au quotidien quelque 200 visiteurs, reconnaît M. Khalifa. (AFP)


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