«Les Israéliens peuvent être tranquilles: Israël est prêt à tout développement», a assuré le premier ministre Benjamin Netanyahu sur les ondes de la radio.
«Je me suis entretenu des tenants et aboutissants de la crise irakienne avec le secrétaire d’Etat américain, Mme Madeleine Albright», a-t-il ajouté.
La semaine dernière, le ministre de la Défense Yitzhak Mordehaï avait pour la première fois utilisé le «téléphone rouge» qui le relie au Pentagone, pour évoquer la crise irakienne avec son homologue américain William Cohen.
M. Mordehaï a lui aussi tenté de rassurer ses compatriotes en les appelant au calme, mais 3.000 d’entre eux se sont chaque jour précipités ces dernières semaines vers les centres de distribution des kits anti-guerre chimique ou bactériologique, a-t-on indiqué de source militaire.
Durant la guerre du Golfe en 1991, l’Irak avait tiré 39 missiles SCUD contre Israël, qui avaient fait deux tués et des centaines de blessés.
Malgré les assurances officielles, la presse israélienne distille des nouvelles alarmantes. Selon des experts militaires israéliens, cités par le quotidien «Maariv», l’Irak posséderait encore aujourd’hui environ 150 missiles balistiques capables d’atteindre Israël, malgré les efforts de l’ONU pour le désarmer.
Le quotidien «Yédiot Aharonot» a indiqué que l’Irak pourrait larguer des bombes à ogives bactériologiques dévastatrices sur Israël grâce à ses Mirages F-1 volant à basse altitude pour tromper les radars.
En 1991, l’Etat hébreu avait opté pour une politique de «retenue» afin de ne pas compromettre la coalition arabo-occidentale contre l’Irak.
«Cette fois, il n’y aura pas de pression internationale. En cas d’attaque, nous réagirons immédiatement et avec toute la force possible si l’Irak nous attaque», a averti le ministre des Infrastructures Ariel Sharon dans un message relayé à Bagdad par le prince héritier jordanien Hassan.
«Israël et la Jordanie sont convenus de coopérer au niveau sécuritaire, en cas d’attaque irakienne», a indiqué un haut responsable militaire israélien, laissant ainsi entendre que les escadrilles frappées de l’étoile de David pourraient franchir l’espace aérien du royaume hachémite.
En 1981, l’aviation israélienne avait pulvérisé le programme nucléaire irakien en bombardant la centrale d’Osirak près de Bagdad.
«Le temps est venu de libérer le monde de Saddam», estimait dimanche le commentateur du «Yédiot».
Les étrangers
oubliés
Le Foreign Report de Londres a affirmé la semaine dernière qu’en cas d’attaque chimique ou bactériologique irakienne, Israël lancerait une bombe à neutrons sur une ville irakienne.
Depuis janvier, l’Etat juif dispose d’un système de pré-alerte contre des tirs de missiles, car il est directement relié aux réseaux de satellites américains. Il est en outre capable d’observer six fois par jour pendant quinze minutes les changements de dispositifs stratégiques au Proche-Orient, grâce à son satellite-espion Ofek-3.
Israël n’a pas encore mis au point son missile antimissile Hetz, développé avec les Etats-Unis. De plus, si sa population est largement équipée de masques à gaz — les 9/10e des Israéliens en disposent — rien n’a été prévu pour ses quelque 150.000 ouvriers étrangers. (AFP)


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