Seuls sept pays arabes, sur 61 participants, ont jusqu’à présent officiellement accepté d’y participer.
«Sept pays arabes, la Jordanie, le Yémen, le Koweit, les Comores, Oman, la Tunisie et la Mauritanie, nous ont informé officiellement de leur participation et deux autres, dont le Soudan, nous ont fait part verbalement de leur intention de participer» au forum de Doha, a indiqué un responsable qatariote à Doha.
Le principal intéressé, Israël, fait la fine bouche. Son ministre des Affaires étrangères David Lévy avait renoncé à y participer. La délégation israélienne sera conduite par le ministre du Commerce et de l’Industrie Nathan Chtcharansky.
«La participation (à Doha) ne sera pas aussi élevée que nous l’espérions», reconnaissait récemment le secrétaire d’Etat, Madeleine Albright, qui dirigera la délégation américaine. Elle attribuait cet échec «en partie» à la grogne des Arabes devant le peu de progrès du processus de paix.
La Maison-Blanche a mis la décision de l’Egypte de boycotter la conférence sur le compte de la «frustration» mais a estimé qu’elle avait tort car «la patience est requise».
Washington n’a «pas d’illusions sur le soutien dont bénéficie ce sommet» dans la région, explique le porte-parole du département d’Etat James Rubin. Il affirme que le boycottage de la conférence par plusieurs grands du monde arabe «ne devrait pas inquiéter outre mesure».
Les objectifs US
Il rejette l’idée qu’en allant rencontrer d’abord en Europe le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le leader palestinien Yasser Arafat, Mme Albright cherche à sauver Doha du fiasco.
Cette conférence, fait valoir M. Rubin, «ne profitera pas à un pays plutôt qu’à un autre» mais à l’ensemble de la région. Beaucoup de responsables arabes estiment qu’elle a été conçue dès sa première édition en 1994 pour favoriser le désenclavement d’Israël, qui est mieux équipé que ses voisins arabes pour profiter de cette ouverture.
Les trois précédentes éditions de la conférence — Casablanca en 1994, Amman en 1995 et Le Caire en 1996 — n’avaient pas été de francs succès. Le projet de Banque de développement pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord piétine toujours, faute de financement suffisant.
Ces premières éditions avaient au moins paru accomplir deux des objectifs des Etats-Unis. Ceux-ci voulaient démontrer qu’Israël était désormais accepté au Proche-Orient, après 45 ans d’hostilité de ses voisins arabes.
A Casablanca et à Amman, le premier ministre israélien de l’époque Yitzhak Rabin et son chef de la diplomatie Shimon Peres étaient venus au Caire, en 1996. La représentation israélienne avait déjà baissé d’un cran: seul M. Lévy était présent.
Mme Albright ne passera que quelques heures à Doha. Elle arrivera de Suisse le 16 novembre à l’aube et repartira dans l’après-midi même pour Islamabad, première étape d’une tournée dans le sous-continent indien.
Elle ne sera cependant pas le seul chef de la diplomatie présent. Le Luxembourgeois Jacques Poos, président en exercice de l’UE, et le Canadien Lloyd Axworthy ont annoncé qu’ils viendraient à Doha. (AFP)

