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Actualités - Chronologie

Crimes de haine aux USA

Un homosexuel est persécuté dans son lycée, un Noir, un Asiatique ou encore un Blanc subit une agression à cause de la couleur de sa peau: l’Amérique s’interroge sur le phénomène des délits motivés par la haine et le refus de l’autre.
Ces violences, physiques ou verbales, ont même pris un nom: «Les crimes de haine», et le sujet est considéré comme suffisamment sérieux par le gouvernement pour que la Maison-Blanche ait décidé d’accueillir, pour la première fois, plus de 350 spécialistes pour essayer d’y trouver des remèdes.
Selon Elena Kagan, une collaboratrice du président Clinton pour les questions intérieures, les autorités ont recensé l’année dernière 8.759 délits motivés par la haine de celui qui est différent, pour des raisons qui peuvent être raciales, religieuses ou sexuelles. 7.947 avaient été enregistrés en 1995.
«Nous avons toutes les raisons de penser que (ces statistiques) sont considérablement sous-évaluées», a ajouté Elena Kagan en relevant que beaucoup de victimes répugnaient, par crainte ou gêne, à porter plainte.
63,1% des incidents enregistrés en 1996 concernaient la race, 13,9% visaient des convictions religieuses et 12% s’en prenaient aux homosexuels. 11% enfin avaient pour victimes des Hispaniques.
Plusieurs universitaires et sociologues ont tenté de cerner devant le Congrès le fléau des «crimes de haine».
Pour Donald Green, de l’université Yale (Connecticut), les «mutations démographiques», plus que des considérations économiques ou d’exclusion, sont à l’origine de tels comportements. «Un délit de haine, estime-t-il, se produit lorsque des non-Blancs s’installent dans des enclaves habitées jusqu’alors uniquement par des Blancs».
Selon l’universitaire, qui a travaillé en particulier sur New York, les zones où résident des populations mélangées sur le plan racial sont bien moins susceptibles de connaître des actes d’intolérance. Donald Green est d’ailleurs pessimiste et n’hésite pas à annoncer pour les quinze prochaines années une «cascade de délits de haine» dans les banlieues, où vivent principalement les Blancs à l’heure actuelle.

Marginalisés

Edward Dunbar, un psychologue de l’université de Californie, s’est penché sur le phénomène dans le comté de Los Angeles et ses remarques sont légèrement différentes.
Sur les années 1994 et 1995, pour les cas où les auteurs des délits à caractère raciste ont été identifiés, il apparaît notamment que 37% des responsables de telles violences sont des Blancs, suivis par les Hispaniques (36%) et les Noirs (25%). Les Américains d’origine asiatique sont bien loin derrière, avec 1,6%.

Mais Edward Dunbar relève également que beaucoup d’auteurs de délits «de haine» sont économiquement marginalisés au moment où ils commettent leurs forfaits.
Karen Franklin, de l’Institut de l’Etat de Washington pour la recherche sur les maladies mentales, s’est attachée pour sa part à analyser les sentiments anti-homosexuels chez les jeunes adultes de la région de San Francisco auprès d’un échantillon de quelque 500 personnes.

Ses conclusions donnent un aperçu inattendu sur les mentalités des jeunes Californiens, dans une région où vit pourtant une importante communauté homosexuelle.
Dix pour cent ont reconnu avoir commis des agressions ou avoir menacé des homosexuels ou des personnes supposées l’être, et 24% ont admis avoir lancé des épithètes à leur encontre.
Selon son enquête, la plupart des agressions se perpétuent en groupes et la victime est très souvent seule. Ces agressions se produisent aussi la plupart du temps dans les écoles ou le lieu de travail, et non pas au détour d’une rue.
Interrogés enfin sur leurs motifs, beaucoup invoquent l’«autodéfense» contre des propositions sexuelles et leur volonté de vouloir combattre les «transgressions morales». (AFP)
Un homosexuel est persécuté dans son lycée, un Noir, un Asiatique ou encore un Blanc subit une agression à cause de la couleur de sa peau: l’Amérique s’interroge sur le phénomène des délits motivés par la haine et le refus de l’autre.Ces violences, physiques ou verbales, ont même pris un nom: «Les crimes de haine», et le sujet est considéré comme suffisamment sérieux par le gouvernement pour que la Maison-Blanche ait décidé d’accueillir, pour la première fois, plus de 350 spécialistes pour essayer d’y trouver des remèdes.Selon Elena Kagan, une collaboratrice du président Clinton pour les questions intérieures, les autorités ont recensé l’année dernière 8.759 délits motivés par la haine de celui qui est différent, pour des raisons qui peuvent être raciales, religieuses ou sexuelles. 7.947 avaient...