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Actualités - Chronologie

Turquie : le Refah pourrait être dissous

Une dissolution prochaine du Parti islamiste de la prospérité (Refah) de l’ex-premier ministre Necmettin Erbakan est considérée comme très probable en Turquie, le système étatique, où les militaires jouent un rôle déterminant, semblant décidé à l’obtenir.
Le Refah, qui a dû quitter le pouvoir en juin dernier sous la pression de l’armée mais reste le premier parti en sièges au Parlement, fait face depuis le 21 mai à une procédure en dissolution devant la Cour constitutionnelle, lancée par le plus haut procureur du pays, Vural Savas.
Ce dernier accuse le parti d’être «un foyer d’activités incompatibles avec l’article de la Constitution sur la laïcité de l’Etat».
Dans ses derniers arguments devant la Cour, il a confirmé avec force sa demande d’une dissolution. «Aucun parti, en Turquie ou à l’étranger, n’a mérité autant que le Refah d’être dissous», a-t-il dit.
Le dossier du procureur rassemble notamment de nombreuses déclarations faites par M. Erbakan, ou par des ministres, députés ou élus locaux du Refah, qui trahissent selon lui leur hostilité à l’ordre établi.
M. Savas a ainsi cité une déclaration de M. Erbakan datant d’avant son arrivée au pouvoir en juin 1996 et dans laquelle il avait affirmé que l’«ordre juste», préconisé par le Refah, «s’imposera de toute façon, la question étant de savoir si ce sera pacifiquement ou par le sang».
Il a également cité des propos plus récents dans lesquels M. Erbakan encourageait ses partisans à verser de l’argent à la chaîne de télévision privée (pro-Refah) Kanal 7 afin de «favoriser le Djihad» (guerre sainte pour l’islam).
M. Erbakan doit faire son dernier plaidoyer le 18 novembre, avant que la Cour ne prenne une décision finale, attendue avant la fin de l’année.

Une défense qui
s’appuie sur la démocratie

La ligne de défense du Refah est connue et s’appuie sur les principes de la démocratie. «Nous ne défendrons pas le Refah mais la démocratie, les droits de l’homme et l’Etat de droit», a déclaré mardi Oguzhan Asilturk, un des ténors du parti.
Le Refah accuse l’armée de l’avoir chassé du pouvoir de manière non démocratique et affirme qu’une telle procédure de dissolution ne pourrait avoir lieu dans aucun pays de l’Union européenne, à laquelle la Turquie aspire à adhérer.
Notant qu’une éventuelle dissolution du Refah risque d’être peu appréciée en Europe, certains observateurs estiment qu’il existe encore une chance qu’elle n’ait pas lieu. Mais la majorité estime qu’elle est inéluctable.
«Nous avons l’impression d’assister à une simple formalité et que la dissolution du Refah est acquise d’avance», a écrit l’éditorialiste du «Turkish Daily News». «Les forces qui ont chassé ce gouvernement du pouvoir étaient décidées à détruire le Refah et tout ce qu’il représente (...). Elles pensent qu’un fois le Refah éliminé, le système laïc sera beaucoup plus en sécurité», ajoute-t-il.
De fait, depuis le départ du Refah du pouvoir en juin, les militaires, gardiens farouches des institutions laïques du pays, ont poursuivi leur campagne auprès de la classe politique et du public, avertissant que le danger du fondamentalisme musulman constituait toujours «la principale menace pour l’Etat».
«Si l’on croit que le fondamentalisme n’est plus une menace, l’on fait une grave erreur», a déclaré un général non identifié cité par la presse.
«S’il est établi que certains membres du Refah ainsi que les politiques qu’il suivait ont violé la structure laïque du pays, les lois doivent être appliquées et certains milieux ne doivent pas faire pression sur la Cour constitutionnelle pour qu’il ne soit pas dissous», a-t-il ajouté. (AFP)
Une dissolution prochaine du Parti islamiste de la prospérité (Refah) de l’ex-premier ministre Necmettin Erbakan est considérée comme très probable en Turquie, le système étatique, où les militaires jouent un rôle déterminant, semblant décidé à l’obtenir.Le Refah, qui a dû quitter le pouvoir en juin dernier sous la pression de l’armée mais reste le premier parti en sièges au Parlement, fait face depuis le 21 mai à une procédure en dissolution devant la Cour constitutionnelle, lancée par le plus haut procureur du pays, Vural Savas.Ce dernier accuse le parti d’être «un foyer d’activités incompatibles avec l’article de la Constitution sur la laïcité de l’Etat».Dans ses derniers arguments devant la Cour, il a confirmé avec force sa demande d’une dissolution. «Aucun parti, en Turquie ou à...