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Actualités - Chronologie

Retrouver en Louisiane la saveur des mots

Le «Français de la France» découvre en Louisiane une langue au parfum d’antan, chargée de souvenirs des campagnes de l’ouest de la France, savoureux mélange de termes exotiques, de mots à la fois archaïques et étrangement familiers.
Ce foisonnement lexical, la prononciation rocailleuse marquée par le roulement du «r», la grammaire particulière du français cadien ne déroutent pas longtemps le visiteur, contrairement au créole parlé dans certaines parties de Louisiane.
Les faux amis périlleux ne manquent pourtant pas. «Ma petite catin», dit tendrement, signifie «ma belle», «ma poupée». Une «galette» ou une «cocotte» est le sexe de la femme. Dans certaines parties de la Louisiane, un «drapeau» est une couche pour bébé.
Les Louisianais «embarquent» dans leur «char» pour aller dans les «gros villages» comme Lafayette ou Baton Rouge, où «il y a beaucoup trop de navigation». Ils «virent à droite», ils «virent à gauche».
Le langage marin est de fait partout présent, rappelant le périple de bien des ancêtres des francophones de Louisiane. Souvent originaires des côtes de France, déportés par la mer des régions maritimes du Canada, ils se sont établis dans les bayous, ces bras marécageux du Mississippi, puis dans les plaines de l’ouest de la Louisiane.
L’on s’installe à l’abri du vent dans une «anse», entre deux «pointes» (deux avancées de bois). S’éloigner de la forêt c’est «aller au large», tandis qu’un passage entre deux bois est une «manche» et un petit bois entouré de prairie une «île».
Les colons arrivés directement de France ou les Acadiens déportés du Canada au XVIIIe siècle se sont trouvés démunis pour décrire les innombrables animaux et plantes inconnus, la topographie de ce pays marécageux au climat subtropical. La langue a dû s’adapter, inventant de nouveaux mots, empruntant aux Amérindiens, à d’autres groupes ethniques, ou trouvant un nouvel usage aux termes existants.

Serpent «congo»

«Bayou», dérivé de «bayouk» est d’origine amérindienne, tout comme «ouaouaron» (grosse grenouille nord-américaine), «chaoui» (raton laveur), «tactac» (pop-corn), «pacane» (noix de pécan).
«Couche-couche» (céréale à la farine de maïs), «congo» (sorte de serpent) ou «gombo» (soupe de riz aux fruits de mer) sont venus d’Afrique et des Antilles.
L’espagnol a aussi laissé sa marque. «Cocodril», dérivé de cocodrilo, est le crocodile d’Amérique appelé alligator par les Français de France qui, comme pour bien d’autres mots, ont repris le terme employé par les anglophones plutôt que celui de leurs cousins louisianais. «Si la France n’avait pas vendu la Louisiane aux Etats-Unis en 1803, le monde entier dirait cocodril», plaisante Richard Guidry, un des responsables du département louisianais de l’Education.
Le français de Louisiane a beaucoup emprunté à l’anglais: «shovel», «stove», «truck» sont assimilés depuis des générations avec une prononciation particulière aux Cadiens. Bien d’autres ont suivi.
Pour décrire une réalité nouvelle, la langue a su aussi faire vivre des mots devenus désuets en France. Ainsi, la «glacière» tient avantageusement la place de l’inélégant «réfrigérateur» français, tandis que «l’éventail» est le ventilateur.
La crevette se dit «chevrette», mot que l’on rencontre encore dans la région de La Rochelle (ouest). Des campagnes de France sont aussi restés «besson» (jumeau), «galance» pour balançoire, «grègue» (cafetière), «asteure» à c’t’ heure, maintenant).
En Louisiane, on n’a pas «la chair de poule», mais «la peau de canard» et le tutoiement est de rigueur sauf pour s’adresser aux personnes d’âge canonique. En français, le Louisianais ne dit jamais «dollar» mais «piastre». (AFP)
Le «Français de la France» découvre en Louisiane une langue au parfum d’antan, chargée de souvenirs des campagnes de l’ouest de la France, savoureux mélange de termes exotiques, de mots à la fois archaïques et étrangement familiers.Ce foisonnement lexical, la prononciation rocailleuse marquée par le roulement du «r», la grammaire particulière du français cadien ne déroutent pas longtemps le visiteur, contrairement au créole parlé dans certaines parties de Louisiane.Les faux amis périlleux ne manquent pourtant pas. «Ma petite catin», dit tendrement, signifie «ma belle», «ma poupée». Une «galette» ou une «cocotte» est le sexe de la femme. Dans certaines parties de la Louisiane, un «drapeau» est une couche pour bébé.Les Louisianais «embarquent» dans leur «char» pour aller dans les «gros villages»...