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Le souvenir d'Emile Tyan

OPINION
14/11/1997
Il y a 20 ans, Emile Tyan disparaissait dans des circonstances désolantes, en laissant une œuvre juridique rarement égalée, jamais désuète, une dynastie de juristes et une cohorte de disciples.
Eminent juriste, Emile Tyan aura habité le Droit du Liban du vingtième siècle. Déjà en 1977, M. Sami Chammas a pu énumérer une partie de son exceptionnel apport (Proche-Orient, études juridiques, 1975-1977): touche-à-tout de génie, ses ouvrages de droit musulman, de droit public, de droit comparé, de droit international privé, de droit commercial, de droit des obligations et des contrats, de droit de l’arbitrage, restent, à ce jour, des monuments du Droit libanais, dans ce que la libanité offre de plus ouvert au monde arabe, à l’islam, aux droits européens et à la culture juridique francophone.
Exégète exceptionnellement fécond, au tempérament de feu, Emile Tyan a laissé aussi une empreinte durable dans la magistrature, la fonction ministérielle, l’enseignement universitaire et l’espace — combien étroit — des vrais jurisconsultes. Pionnier solitaire, Emile Tyan masquait mal un cœur ardent, un père immense, un maître généreux, un esthète de la culture, un exemple de courage.
En ces temps moroses où les hommes de caractère font cruellement défaut, il était nécessaire de dire à ceux qui ont soigneusement entretenu son impérissable mémoire qu’Emile Tyan reste un grand parmi les grands, un phare de l’esprit et de la culture francophones, de l’intégrité et du caractère.
Nous ne l’oublions pas.

Ibrahim NAJJAR
Professeur à la Faculté
de droit de l’USJ,
avocat à la Cour.

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