Les scientifiques avaient espéré que la sonde, qui tourne déjà en orbite très elliptique autour de Mars, parviendrait grâce à des manœuvres d’aérofreinage en orbite ronde dès le début de 1998 et pourrait entamer la cartographie et l’étude de la météo martienne dès mars prochain. Mais, selon eux, une petite pièce fracturée sur une charnière entre la sonde elle-même et un panneau solaire va prolonger d’un an les manœuvres délicates de freinage atmosphérique.
«Pour l’essentiel, nous commencerons la cartographie de la surface martienne à la mi-mars 1999, durant l’été de l’hémisphère nord», a déclaré à la presse le directeur du projet, Glenn Cunningham, au Jet Propulsion Laboratory de Pasadena. «A l’origine, nous comptions entamer la cartographie le 15 mars 1998».
Ce retard risque d’entraîner un surcoût de plusieurs millions de dollars de la mission, mais ces difficultés auront un côté positif: les scientifiques pourront étudier la surface de Mars depuis des angles nouveaux, tout en attendant que les corrections soient faites.
«Le hasard de la pièce fracturée nous a menés sur une voie que nous n’attendions pas. C’est un bonus inattendu», explique-t-il.
Cunningham et les autres scientifiques du projet ont profité de la conférence de presse donnée en début de semaine pour montrer de nouvelles photos prises par Mars Global Surveyor.
Falaises, canyons et nuages…
On y découvre ainsi une falaise formée par l’accumulation d’une centaine de couches géologiques. Cette falaise, haute de quelque 4.000 mètres, montre très nettement sur toute sa hauteur une succession de couches, en alternance claires et foncées sur les photos en noir et blanc, un phénomène que «nous n’avions jamais vu auparavant», a souligné au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena (Californie) un scientifique de la mission, Michael Malin.
Sur la photo prise par la sonde apparaît également de la poussière «ressemblant et se comportant comme de la neige», avec notamment des coulées d’avalanches, a-t-il noté.
Les photographies prises par MGS font également apparaître au fond d’un canyon des sortes de «mares» faites de sédiments laissés par de l’eau qui s’est évaporée, ou bien des rochers «de la taille d’une automobile ou d’une maison», a encore précisé Michael Malin.
Les observations de la sonde ont encore permis de déceler pour la première fois la présence de nuages pendant la nuit, notamment près des grands volcans comme Olympus Mons, a déclaré un autre scientifique, Philip Christensen.
Enfin, une roche d’origine volcanique, du pyroxène, a été repérée en grande quantité dans les zones de volcans, alors qu’elle n’avait pas été trouvée dans Ares Vallis, la région où s’était posée en juillet la sonde Mars Pathfinder. (Reuter-AFP)


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